17 octobre 2009
Démineurs
Un film américain de Kathryn Bigelow avec Jeremy Renner, Anthony Mackie, et Brian Geraghty
Genre : Guerre - Durée : 2h04 mn
Après un été riche en excellents films, la rentrée est plus calme et cela permet de découvrir des productions un peu improbables. Il faut bien avouer qu'un film s'appelant "Démineurs" fait plutôt penser à un gros nanard qu'à un chef d'oeuvre d'art et d'essai. La faute au traducteurs qui ont maladroitement changé le titre original perdant ainsi toute chance de concquérir le public féminin. Et bien tout ceci est très dommage car le film va bien au-delà des clichés habituels du genre. L'histoire se déroule à Bagdad où l'on suit le quotidien du groupe de déminage du Lieutenant James, leur temps est partagé entre la vie au camp et les missions de déminage au coeur d'une ville où le danger peut venir de n'importe où...
Kathryn Bigelow nous propose 18 ans après l'excellent Point Break une véritable prouesse en termes de réalisation. La première scène happe littéralement le spectateur pour le relâcher deux heures plus tard dans un état de tention avancé. En effet la réalisation est nerveuse, précise et le suspens omniprésent. Certes le scénario peut paraître un peu léger, mais quelle importance; l'intérêt est ailleurs. Le casting est inédit et nous permet de découvrir l'immense Jeremy Renner, j'ai été impressionné par ce jeune acteur qui nous propose une interprétation ultra crédible du Lieutenant James, évitant les pièges si faciles avec ce genre de production.
"Démineurs" n'est pas un film de guerre à proprement parler, en effet ici peu d'affrontements directs, tout se fait par bombe interposée. De plus l'histoire est centrée sur l'équipe du Lieutenant James et ne montre pas de grand méchant intégriste prêt à tout pour détruire l'envahisseur américain. Cette désincarnation de l'ennemi permet une immersion totale et une bien plus grande crédibilité. Le film fait également la part belle à la psychologie du militaire américain en Irak avec des scènes chargées en émotion. La trame principale traîte de l'addiction à l'adrénaline de ces soldats en danger de mort permanent, on découvre ainsi l'importance de la vigilance qui est leur seule façon de rester en vie.
Quelques passages sont de véritables bijoux, je retiendrais la scène de snipe qui m'a scotché à mon siège. Attention "Démineurs" n'est pas parfait et quelques scènes sont un peu surréalistes, je pense notamment à la sortie nocturne du Lieutenant James qui me paraît légèrement exagérée. La fin est par contre très intéressante avec ce dur retour au quotidien traîté de manière originale. Au final "Démineurs" mérite toutes les bonnes critiques et même un peu plus, une belle réussite à voir absolument.
8,5/10 Ne vous fiez pas aux apparences, on est loin du film de guerre bourrin et décérébré. La réalisation est incroyable et le fond n'est pas négligé, un très bon film.

Une belle trouvaille de Kathryn Bigelow, Jeremy Renner est excellent.
29 septembre 2009
L'Armée du Crime
Un film français de Robert Guédiguian avec Simon Abkarian, Virginie Ledoyen, et Robinson Stévenin
Genre : Drame - Durée : 2H19 mn
En ces temps d'abondance cinématographique il est de plus en plus dur de faire un choix. L'Armée du Crime s'est imposé à moi naturellement avec un thème passionnant et un réalisateur que j'affectionne. Faisant fis des mauvaises critiques je découvrais le nouveau Guédiguian, un an seulement après la sortie de Lady Jane. L'histoire se déroule à Paris en 1944, Missak Manouchian un poète arménien est arrêté et enfermé dans un camp avec d'autres intellectuels étrangers. A sa sortie il va prendre la tête d'un groupe de jeunes idéalistes d'origines diverses déterminés à harceler l'occupant Nazi grâce à des actions d'éclat...
Autant le dire tout de suite je n'ai pas été sensible à la réalisation de Guédiguian.Ce dernier nous avait habitué à beaucoup mieux et manque un peu d'inspiration à mon avis. Ainsi certaines scènes tournent au cliché et plombent un peu l'ambiance. De plus le début du film est brouillon et il faut du temps pour rentrer complètement dans l'histoire. Le casting est plutôt inégal avec un Simon Abkarian excellent ainsi que Robinson Stévenin mais une Virginie Ledoyen qui ne m'a pas convaincu avec un jeu plat et sans nuances. Jean-Pierre Darroussin est assez surprenant avec un rôle à contre emploi qui tranche radicalement avec sa précédente filmographie.
L'Armée du Crime est un film historique et peu d'entre eux peuvent se targuer d'évoquer des évènements aussi peu connus et intéressants. Le scénario, même s'il ne colle pas parfaitement à l'histoire (Guédiguian l'avoue lui-même à la fin du film) est très convaincant et nous permet de découvrir le cheminement intellectuel des ces jeunes idéalistes, véritables symboles de la résistance parisienne. Certaines scènes sortent du lot et permettent de découvrir la France collaborationniste comme jamais auparavant. La dureté de certains passages entraîne une prise de conscience et l'on se rend compte à quel point le gouvernement français est allé loin dans sa collaboration avec l'ennemi. Les dernières minutes du film sont très dures et l'émotion vous submerge. Au final Guédiguian réalise un film essentiel mais maladroit dans sa forme. A voir absolument pour le côté historique passionnant.
6,5/10 Une réalisation qui pénalise un film au potentiel immense. A voir quoi qu'il en soit.

Une réalisation sans grande originalité...
23 septembre 2009
District 9
Un film sud-africain de Neill Blomkamp avec Sharlto Copley, David James, et Jason Cope
Genre : Science-Fiction - Durée : 1H50 mn
Voici déjà quelques temps que l'on entend parler de cet ovni cinématographique, j'ai nommé District 9. Produit par Peter Jackson et mis en scène par un réalisateur sud-africain inconnu, le film a su créer le Buzz sur internet grâce à son originalité tant sur le fond que sur la forme. J'ai donc enfin découvert cette petite bombe venue de l'hémisphère sud. L'histoire se déroule de nos jours à Johannesburg, cela fait 20 ans que les extraterrestres ont débarqué, plutôt pacifistes et n'ayant nulle part où aller ils sont parqués dans un bidonville d'où ils ne peuvent pas sortir...
Neill Blomkamp réalise un film très original avec un aspect documentaire prépondérant assaisonné d'images d'archives et de tournage plus conventionnel. Les premières minutes du film font d'ailleurs penser à un vrai documentaire. Le parti pris est ultra dynamique avec des images filmées caméra au poing pour une immersion maximum. Les effets spéciaux qui ont pourtant été produits avec un budget restreint donnent un rendu incroyable et très réaliste en utilisant peu les images de synthèse. Les "crevettes" sont notamment très réussies. Les bruitages ne vous laisseront pas indifférent, l'on en prend plein les oreilles dans la grande salle d'un multiplex. Le Casting est inédit avec des acteurs inconnus, Sharlto Copley porte le film avec le charisme des plus grands et propose une évolution intéressante de son personnage.
District 9 est une expérience cinématographique inédite; un savant mélange entre action, humour, gore et pure SF. Le film est ultra immersif et l'on ne s'ennuie jamais. Le scénario est plutôt banal mais réussi, même si certaines scènes auraient mérité un approfondissement afin d'être plus crédibles. Je pense notamment à l'évasion un peu facile du bâtiment de la MNU. A part ça pas grand chose à redire sur la forme qui, pour un premier film, est impressionnante. Ne soyez pas rebuté par l'aspect science fiction qui est largement atténué par l'humour noir et la problématique soulevée par le film. Véritable allégorie de la société sud-africaine des années 80 il propose d'examiner un racisme virulent à l'encontre d'une espèce extra terrestre pas forcément hostile. Et c'est là aussi que Neill Blomkamp se démarque de ce qui a déjà été fait. Les "crevettes" ne sont pas ici pour détruire l'espèce humaine mais pour trouver refuge. En proposant des extraterrestres aux "valeurs" différentes il dépoussière le concept du martien buté n'obéissant qu'à une logique de destruction. Certes on peut constater quelques petites imperfections de jeunesse et bien sûr certains seront choqués par l'extrême violence omniprésente. En tout cas si vous êtes bon client de ce genre de productions alors l'humour, les effets spéciaux et l'action débridée vous feront passer un pur moment de divertissement.
8/10 Un premier film très réussi qui porte la griffe des grands réalisateurs, Neill Blomkamp est à surveiller de près.

Des effets spéciaux d'un esthétisme rare
12 septembre 2009
A Deriva
Un film brésilien de Heitor Dhalia avec Vincent Cassel, Debora Bloch, et Laura Neiva
Genre : Drame - Durée : 1H43 mn
Sélectionné au dernier festival de Cannes, ce premier film d'Heitor Dhalia était surtout l'occasion pour moi de découvrir Vincent Cassel dans un rôle à contre emploi et dans une langue inédite qu'il maîtrise parfaitement: le portugais. Un an après l'excellent diptyque Mesrine on retrouve Monsieur Cassel en père de famille portugais dans la tourmente. En effet son mariage bat de l'aile et sa situation familiale se dégrade. Mais A Deriva c'est d'abord l'histoire de sa fille Filipa, une adolescente de 14 ans en vacances avec sa famille au bord de la mer et qui va découvrir les secrets de ses parents tout en faisant ses premiers pas dans la vie d'adulte...
Le scénario étant plutôt banal, Heitor Dhalia mise tout sur la réalisation et le moins que l'on puisse dire c'est que le résultat est concluant. Le réalisateur brésilien alterne entre gros plans et plans larges et démontre un sens certain de l'esthétisme. Les teintes sépia utilisées collent parfaitement avec l'ambiance soirée d'été que distille le cinéaste. Et puis bien sûr il y a l'océan, filmé sous toutes les coutures Monsieur Dhalia nous en met plein la vue avec des plans d'une finesse inégalée.
On pourrait croire que Vincent Cassel est le personnage principal. Et même si ce dernier nous propose une superbe interprétation de Mathias, c'est bien Laura Neiva qui tient la vedette. Cette jeune actrice brésilienne dont c'est le premier film est tout simplement bluffante. Elle propose une interprétation de Filipa intelligente et toute en nuances. Un vraie révélation dont on entendra certainement parler dans un futur proche.
A Deriva est classé dans la catégorie "Drame". Pour ma part, je l'ai ressenti comme une chronique familiale à mi chemin entre le mélo et la contemplation pure. Le film est sans surprises et pourtant Heitor Dhalia nous hypnotise, on s'ennuie rarement et les quelques longueurs sont bien camouflées par les paysages magnifiques de la côte brésilienne. Le film est donc très agréable mais pas exempt de défauts. En effet le côté contemplatif peut être assez agaçant par moments; de plus le scénario tourne pas mal autour du pot pour un résultat assez discutable. Le film est sentimental, esthétique mais le "voyage initiatique" de Filipa est un peu trop fade et aseptisé si bien que l'émotion peine un peu à prendre le dessus. Certes la pudeur ambiante est très agréable mais on a l'impression que le réalisateur se repose dessus pour camoufler les lacunes du scénario. Au final A Deriva est assez intéressant pour un premier film et vous promet un voyage dépaysant dans la moiteur d'une soirée d'été brésilien. A voir en VO pour profiter de cette merveilleuse langue qu'est le portugais.
7/10 Un film esthétique et sentimental qui vous fera passer un moment agréable même si son scénario un peu léger l'empêche d'atteindre l'excellence.

Laura Neiva est la révélation de ce film, son charisme et son physique sculptural lui promettent une belle carrière
06 septembre 2009
Un Prophète
Un film français de Jacques Audiard avec Tahar Rahim, Niels Arestrup, et Adel Bencherif
Genre : Policier - Durée : 2H30 mn
Deux jours après avoir revu l'excellent "De Battre Mon Coeur s'est Arrêté" rediffusé sur Arte, je découvrais la sensation cinématographique de cette fin d'été, la nouvelle réalisation de Jacques Audiard. Encensé par la critique, j'étais très impatient de découvrir le nouveau film de ce réalisateur si talentueux. Le film raconte l'histoire de Malik, un jeune homme de 19 ans condamné à 6 ans de prison. Illettré et chétif il va devoir faire beaucoup d'efforts et passer par des épreuves pénibles pour faire sa place dans cet univers impitoyable...
Jacques Audiard réalise un film sombre et étouffant, la mise en scène est ultra réaliste et nous plonge directement au milieu de l'univers carcéral français. Le scénario est très intéressant et nous propose de suivre l'ascension du Jeune Malik, véritable autodidacte du banditisme qui gravit les échelons grâce à son intelligence et son habileté dans les rapports humains. Tahar Rahim qui sort un peu de nulle part est la grande révélation de ce film et nous propose une interprétation tout simplement géniale de Malik, son naturel est vraiment bluffant et son duo avec Niels Arestrup fonctionne à merveille.
Un Prophète est un film français comme on en voit rarement, véritable oasis au milieu d'un désert de médiocrité il entraîne le spectateur dans les bas fonds d'une prison de la région parisienne avec une maestria digne des plus grands. Dès les premières minutes du film on est prit à la gorge, on étouffe, l'atmosphère est tendue et le spectateur est instantanément captivé par l'ambiance et le charisme de Tahar Rahim. Jacques Audiard nous propose de suivre le quotidien d'un détenu français avec les codes qu'il doit respecter, les combines possibles pour améliorer son quotidien, le racisme, la corruption et les clans. L'ascension de Malik est un vrai régal et rend son personnage attachant. Le film est long mais l'on ne s'ennuie jamais et l'on en redemande même. La fin est quant à elle le seul point discutable du film, en effet on s'attend à un dénouement tragique qui se transforme petit à petit en une happy end à la morale plus que douteuse et dérangeante à cause des émotions qu'elle suscite. Je ne sais pas si Audiard l'a réalisée dans cette optique mais elle me laisse une impression en demie teinte. Enfin cela n'est qu'un détail et ne vient aucunement gâcher ce film qui fait honneur au cinéma français. Jacques Audiard réalise certainement LE film de sa carrière et s'impose comme le meilleur réalisateur français en activité.
9/10 Désolé de paraphraser Première mais "Jacques Audiard est grand"

Tahar Rahim irradie le film de son talent, une belle découverte
09 août 2009
Whatever Works
Un film américain de Woody Allen avec Evan Rachel Wood, Larry David, Michael McKean, Patricia Clarkson, Ed Begley. Jr, et Henry Cavill
Genre : Comédie - Durée : 1H32 mn
Si la crise économique fait rage en ce moment, le moins que l'on puisse dire c'est que l'été 2009 n'aura pas connu de crise en matière de cinéma. En effet après le génial Public Enemies et l'excellent The Reader voici la nouvelle réalisation de Woody Allen qui marque son retour à la comédie New Yorkaise. Woody Allen c'est une filmographie longue comme le bras comprenant de véritables perles comme Match Point, Maudite Aphrodite ou Celibrity (j'en passe et des meilleurs) avec toujours une constante, un humour cynique et incisif et des dialogues légendaires. Whatever Works ne déroge pas à la règle avec en plus New York en toile de fond, une ville qui, on le sait est chère au coeur de Monsieur Allen. Le film raconte l'histoire de Boris Yellnikoff, un professeur de physique à la retraite divorcé et suicidaire qui fait la rencontre de Melody, une jeune provinciale naïve qui va s'inviter chez lui et prendre une grande place dans sa vie...
Woody Allen réalise un film comme lui seul en a le secret, une comédie intelligente et atypique dans le cadre si particulier et intéressant de New York. Le scénario est une véritable perle ainsi que les dialogues très travaillés qui hypnotisent littéralement le spectateur. De plus la relation qui se construit entre Boris et le public est un véritable régal que l'on doit à la narration directe si particulière et vraiment parfaitement pensée.
Evan Rachel Wood est méconnaissable en jeune provinciale débarquant à New York avec des rêves plein la tête. La transformation de son personnage tout au long de l'histoire est également remarquable. Quant à Larry David c'est bien à lui que l'on doit la plus grosse performance. Son interprétation de ce professeur de physique à la retraite, misanthrope et un brin mégalomane est un régal.
Whatever Works est un film qui captive le spectateur d'entrée, à voir en VO pour un maximum de crédibilité, les dialogues sont la véritable force de cette réalisation. Les longues tirades de Boris qui à un avis tranché sur tous les sujets sont épatantes, tantôt cynique, tantôt provocateur il vous fera éclater de rire plus d'une fois par ses réactions décalées et inattendues. Sa relation avec Melody même si elle peut sembler du domaine de la science fiction donne lieu à de véritable moments d'anthologie comme lorsque cette dernière lui raconte sa première expérience sexuelle. Le film explore également les relations de couple et leurs conséquences avec toujours la même morale "Pourvu que ça fonctionne". La fin du film est par contre un peu décevante car très prévisible et un peu cliché mais aux vues de la qualité des 80 premières minutes on n'en tiendra pas rigueur à Woody Allen. Au final Whatever Works est un film vraiment hilarant qui vous fera passer un très bon moment et vous mettra de bonne humeur à coup sûr.
8.5/10 Un excellent divertissement, à 73 ans Woody Allen est encore au top.

Un duo plutôt inattendu mais qui fonctionne à merveille.
06 août 2009
The Reader
Un film américain et allemand de Stephen Daldry avec Kate Winslet, Ralph Fiennes, et David Kross
Genre : Drame - Durée : 2H03 mn
En cette période estivale assez prolifique en bons films il m'est difficile de faire des choix, mais celui là s'est imposé à moi comme un incontournable. Stephen Daldry est un réalisateur peu connu mais à qui l'on doit déjà Billy Elliot et The Hours. Le revoilà 6 ans après avec The Reader, un drame adapté du roman éponyme de Bernhard Schlink qui aborde le sujet de la culpabilité allemande concernant la seconde guerre mondiale. Allemagne de l'ouest hiver 1958, le jeune Michael Berg fait la connaissance d'Hannah, une femme de vingt ans son aîné dont il devient l'amant. Il la perd de vue à la fin d'un été de passion mais la retrouvera bien des années plus tard dans des circonstances particulières...
Stephen Daldry réalise un film particulier, le parti pris est plutôt contemplatif avec des prises de vue tout en retenue. On peut prendre en exemple les scènes d'amour entre Michael et Hannah qui sont filmées avec une pudeur et un esthétisme qui ne laisse pourtant aucun doute quant à la passion dévorante qui les anime. On retrouve au casting un belle brochette d'acteurs. Tout d'abord Kate Winslet qui a reçu l'Oscar de la meilleure actrice pour le rôle d'Hannah (Oscar amplement mérité à mon avis), Ralph Fiennes que l'on a connu meilleur mais qui s'en sort tout de même avec les honneurs et enfin David Kross qui nous propose une interprétation magnifique de Michael jeune. Ce dernier est tellement bon que j'aurais préféré qu'il garde son rôle tout au long du film quitte à avoir recours aux effets spéciaux pour le vieillissement.
The Reader est un film de fond qui soulève beaucoup de questions principalement sur la culpabilité et sur la propension à pardonner sur des sujets aussi graves que le génocide juif. Stephen Daldry n'est pas manichéen et nous expose des faits, nous laissant nous faire notre propre opinion sur la question. Ainsi alors que la première partie du film est assez légère et fait bien entrer le spectateur dans l'histoire, la deuxième partie propose clairement une réflexion. L'émotion est omniprésente dans la dernière heure et monte crescendo jusqu'au dénouement qui vient libérer le spectateur. La dernière scène du film insiste une dernière fois sur le malaise qui réside en chacun de nous face au dilemme de Michael, un dénouement vraiment habile qui laisse le spectateur un peu confus. Bravo Monsieur Daldry.
9/10 Un film mélangeant habilement fond et forme. A voir absolument ne serait ce que pour le côté historique et la réflexion vraiment utile qu'il déclenche.

David Kross est la révélation de ce film
02 août 2009
L'Attaque du métro 123
Un film américain de Tony Scott avec Denzel Washington, John Travolta, et Luis Guzman
Genre : Action - Durée : 1H45 mn
Tony Scott c'est une filmographie pour le moins inégale. Avec le chef d'oeuvre Man On Fire, les très bons Enemi d'Etat, USS Alabama et True Romance et tout le reste pas vraiment extraordinaire. Et bien l'Attaque du métro 123 ne rentre dans aucune de ces catégories. C'est un jour comme les autres pour Walter Garber, un aiguilleur du métro de New York, cependant un appel un peu inhabituel va venir chambouler sa journée, en effet une bande armée vient de prendre les passagers d'une rame de métro en otage et demande 10 millions de dollars pour les relâcher...
Tony Scott reprend des éléments de réalisation de Man On Fire et de Domino, l'image instable, les accélérations brusques, le style nerveux, mais le résultat est beaucoup moins réussi. On dirait que Monsieur Scott essaye de masquer un manque flagrant d'inspiration en utilisant de vieilles recettes qui furent excellentes en leur temps mais qui ne collent vraiment pas avec le sujet. Le Casting laissait pourtant présager du meilleur, Denzel Washington que je trouve extrêmement talentueux d'habitude n'est que l'ombre de lui même et John Travolta tombe dans la caricature en nous livrant un Ryder sans nuances et sans charisme.
L'Attaque du métro 123 est un film sans âme, le scénario est anecdotique et la psychologie des personnages n'est que survolée. Les premières minutes du film sont les seules à captiver un tant soit peu le spectateur. Le reste n'est qu'une succession de lieux communs prévisibles. De plus un nombre d'invraisemblances incroyable vient polluer un contenu déjà extrêmement faible. Difficile d'en sélectionner une dans le lot, je retiendrais toutefois la bourde d'un des tireurs d'élite de la police qui, mordu par un rat dérape sur sa gâchette et abat accidentellement un preneur d'otage. De plus on sent que Tony Scott a simplifié le film au maximum, notamment dans sa gestion lamentable de l'espace. Ainsi on se retrouve devant des coïncidences invraisemblables et on entend les gens rires dans la salle. Au final L'Attaque du métro 123 est un film sans réel intérêt, bâclé et qui fait honte au talent de Tony Scott.
2/10 Passez votre chemin.
18 juillet 2009
Good Morning England
Un film britannique de Richard Curtis avec Philip Seymour Hoffman, Rhys Ifans, Bill Nighy, Nick Frost, et Emma Thompson
Genre : Comédie romantique - Durée : 2H15 mn
Après le choc Public Enemies qui restera pour moi le film de l'année, j'ai décidé de vous parler cette semaine d'un film un peu plus léger. Richard Curtis s'est illustré par la création du personnage de Mr Bean ou encore dans la réalisation du "pas trop mauvais" Love Actually. Il revient avec une bonne comédie britannique à l'humour déjanté et aux personnages haut en couleur. Nous sommes au milieu des années 60 au moment où le Rock est en plein essor, la célèbre retenue du gouvernement anglais entraîne le boycott de ce style de musique sur les ondes des radios anglaises. Une poignée de puristes se regroupe sur un bateau en mer du nord afin de diffuser du Rock sur une radio pirate.
Richard Curtis réalise un film très convaincant, un scénario assez bien ficelé reposant sur le créneau certes éculé mais toujours efficace de l'initiation du jeune bellâtre en manque de confiance en lui. L'histoire s'enchaîne à merveille avec certes quelques lieux communs mais également de magnifiques surprises. Le Casting regroupe la fine fleur du cinéma anglais (et américain) avec l'exceptionnel Phillip Seymour Hoffman, Bill Nighy, Rhys Ifans et Nick Frost qui sont tous au sommet de leur forme. La bande son est également remarquable avec tous les plus grands artistes de l'époque, les Stones, Jimi Hendrix, Cat Stevens etc...
Good Morning England est une comédie déjantée, souvent décalée elle nous propose de belles surprises comme la découverte de cet agent "trou d'balle" ou encore la scène où le jeune Carl retrouve sa copine dans le lit d'un des DJ's de la radio. De plus les dialogues sont de petites merveilles et donnent souvent lieu à des éclats de rire tant ils sont inattendus et spontanés. En ce qui concerne l'intrigue, cette dernière est plutôt porteuse au début mais devient assez anecdotique au bout d'un moment, de même que le voyage initiatique du jeune Carl, ce dernier manque un peu de charisme...
Les deux premières heures de film sont un véritable régal et l'on ne voit pas le temps passer. Et d'un seul coup c'est le drame, en effet les quinze dernières minutes sont absolument lamentables et n'apportent vraiment rien au film, bien au contraire. On sent que Monsieur Curtis en avait marre et qu'il ne savait pas comment achever son film, je ne me prétends pas réalisateur mais j'aurais vu quelque chose d'un peu plus dramatique...
7/10 Un bon film vraiment hilarant, dommage que la fin soit bâclée...

Phillip Seymour Hoffman et Nick Frost sont les vrais héros de ce film
20 juin 2009
Looking For Eric
Un film britannique de Ken Loach avec Steve Evets, Eric Cantona, Stephanie Bishop
Genre : Comédie - Durée : 1H59 mn
Un an seulement après l'excellent It's a Free World, Ken Loach revient avec cette nouvelle réalisation au titre énigmatique. Monsieur Loach a toujours aimé dépeindre des scènes de la vie anglaise, sa dénonciation du travail au noir des immigrés dans It's a Free World était très intéressante et toute en nuances. On pourrait croire que Looking For Eric est un film sur le football, le sport numéro un en Grande Bretagne; et bien il n'en est rien. Le film raconte l'histoire d'Eric Bishop, un postier en pleine dépression qui doit s'occuper seul de son fils et de son beau-fils, deux adolescents en manque de repères. Lorsqu'il touche le fond, celui-ci se met à imaginer des discussions avec son idole, le footballeur mythique Eric Cantona...
Ken Loach reste fidèle à lui même sur la forme avec une réalisation épurée et classique. En ce qui concerne le fond il explore un genre inédit puisque Looking For Eric est une comédie. Cet aspect comédie est exacerbé par l'alternance de scènes dramatiques et de scènes absolument hilarantes. Les discussions entre Eric Bishop et ses camarades postiers sont un vrai régal ainsi que celles qu'il imagine avec son idole Eric Cantona. L'introduction d'images d'archives des plus belles actions de "Canto" sont également très plaisantes et nous rappellent la carrière incroyable de ce footballeur de génie. Steve Evets est très convaincant, tantôt émouvant, tantôt hilarant son interprétation toute en nuances est un régal. Quant à Eric Cantona, que dire... et bien l'homme est égal à lui-même et illumine le film de son flegme et de ses citations mythiques.
Looking For Eric est un film inclassable. A la fois drôle et dramatique, il a quand même tendance à se rapprocher de la comédie, en effet même si Ken Loach évoque les problèmes de la jeunesse anglaise des milieux modestes, il ne dénonce rien et reste en surface. Il préfère se concentrer sur le personnage d'Eric Bishop, un homme brisé qui n'arrive pas à se remettre de la perte de son premier amour et qui, tout au long de l'histoire, n'aura de cesse de le reconquérir. Looking For Eric est un film plutôt léger, drôle et assaisonné de moments d'émotion. La contribution d'Eric Cantona est plutôt faible par rapport à ce que j'avais imaginé mais ses interventions sont toujours très agréables et au bout d'un moment on se surprend à attendre impatiemment ses proverbes et ses citations toujours très fleuries. Au final Looking For Eric est un film très agréable, il vous fera passer à coup sûr un excellent moment, à voir absolument en VO.
8/10 Une fois de plus Ken Loach fait mouche.

«Quand les mouettes suivent un chalutier, c'est qu'elles pensent qu'on va leur jeter des sardines.»






























