Le Cinéblog

Un blog sur le cinéma en général, films récents ou anciens, réalisateurs, acteurs, mes critiques et les vôtres. Bref un blog de cinéphile.

30 décembre 2009

Tetro

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Un film espagnol, italien, et argentin de Francis Ford Coppola avec Vincent Gallo, Alden Ehrenreich, et Maribel Verdu

Genre : Drame - Durée : 2H07 mn

Rares sont les réalisateurs capables de se remettre en question et de changer radicalement leur style surtout lorsqu'ils possèdent une filmographie aussi impressionnante que celle de Francis Ford Coppola. Deux ans après le décevant "Homme sans âge" voici donc le retour du maître dans un registre totalement différent puisque Monsieur Coppola semble avoir amorcé un virage à 180° vers le cinéma d'auteur. Le film raconte l'histoire de Tetro, un homme mystérieux qui a rompu tout lien avec sa famille pour partir vivre à Buenos Aires, son frère cadet Bennie lui rend visite quelques jours avant l'anniversaire de ses 18 ans.

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Francis Ford Coppola réalise un film très original et personnel, en effet le choix du noir et blanc pour le présent et de la couleur pour les flash-back est du plus bel effet. L'esthétisme du noir et blanc ajouté à une mise en scène très particulière confèrent au film un style unique. Le casting inédit est très réussit avec un Vincent Gallo époustouflant en écorché vif et une Maribel Verdu qui illumine l'écran de son talent et de son charme.

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Tetro est un film très agréable, en effet dès les premières minutes on est fasciné par l'image froide qui tranche avec la chaleur sud américaine. L'intrigue se met rapidement en place et l'histoire de la famille Tetrocini devient vite passionnante. De plus Coppola propose des anecdotes sympathiques qui adoucissent beaucoup ce drame Oedipien.  Les secrets de famille, la culpabilité, tels sont les thèmes principaux développés par Coppola, et le moins que l'on puisse dire c'est qu'il maîtrise son sujet. Les seules choses que l'on peut reprocher à cette production seraient les ficelles parfois un peu grosses du scénario. En effet on sent parfois que Coppola déclenche des évènements peu pertinents afin d'emmener le spectateur où il veut. Je prendrais l'exemple de l'accident de Bennie la veille de son départ. Le film se termine par des révélations assez surprenantes et l'émotion est au rendez-vous. Coppola nous propose un film très personnel, une belle réussite qui annonce la renaissance d'un monstre sacré d'Hollywood.

8/10 Un film comme Coppola n'en avait jamais fait, une réussite qui annonce une nouvelle étape dans la carrière du réalisateur.   

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Maribel Verdu illumine le film de sa présence

      

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24 décembre 2009

Le Concert

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Un film français de Radu Mihaileanu avec François Berléand, Mélanie Laurent, Miou-Miou, Alexei Guskov, Dimitri Nazarov, et Valeri Barinov

Genre : Comédie dramatique - Durée : 2H00 mn

De retour à la campagne pour les fêtes de fin d'année j'ai pu découvrir Le Concert dans le petit cinéma près de chez moi. Je l'avais raté lors de sa sortie et j'avais été assez déçu car les critiques étaient plutôt bonnes. De plus l'histoire semblait intéressante et originale. Par contre une inconnue subsistait, la qualité de Radu Mihaileanu en tant que réalisateur. En effet ce dernier a une filmographie plutôt pauvre et je dois bien avouer que je ne n'ai vu aucune de ses réalisations.
L'histoire du Concert commence en URSS sous Brejnev, Andrei Filipov est le chef d'orchestre du prestigieux Bolchoï. Lorsqu'il refuse de renvoyer les musiciens juifs de l'orchestre il est relégué au rang d'homme de ménage de l'opéra. Il prendra sa revanche trente ans plus tard...

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Radu Mihaileanu avait toutes les cartes en main pour réaliser un grand film, une belle histoire, un bon casting et visiblement pas mal de moyens. Malheureusement après une trentaine de minutes on commence à prendre conscience des limites du réalisateur. Effets de style douteux, choix artistiques discutables, bref les écueils agaçants s'amoncellent. Quelques scènes sont tout de même agréables et notamment la scène finale sur la magnifique musique de Tchaïkovski où Mélanie Laurent est tout simplement étincelante. Le scénario quant à lui n'évite aucun cliché et aurait mérité d'être retravaillé en profondeur. Le Casting est le bon point du film avec notamment Mélanie Laurent et Alexei Guskov qui proposent des performances remarquables et qui sauvent tant bien que mal le navire du naufrage.

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Les trente premières minutes du film sont plutôt agréables et on se dit que l'histoire commence bien, et puis d'un seul coup c'est le drame. Le réalisateur s'égare complètement et sombre dans l'exagération, le mauvais goût et les clichés. Les stéréotypes qu'il nous propose sont à la limite du supportable et les gags burlesques sont en total décalage avec un film que l'on aurait aimé plus sérieux. Je prendrais l'exemple du père juif et de son fils qui sont dépeints comme des personnes motivées uniquement par l'argent. Ainsi on les voit vendre du caviar dans le Hall de l'opéra cinq minutes avant le début du concert... Le fond de l'histoire n'est pas non plus très convaincant et le drame familial vécu par Anne-Marie est assez anecdotique.
De plus l'exagération mène le film à la limite de la science fiction. En effet l'orchestre arrive finalement à proposer une magnifique interprétation de Tchaïkovski (qui n'est pas réputé pour être le plus facile à jouer) sans aucune répétition et avec des musiciens n'ayant pas joué ensemble depuis trente ans. Je veux bien croire aux belles histoires mais je trouve  qu'un minimum de réalisme aurait été le bienvenu. Au final Le Concert est pour moi une grosse déception à réserver aux fans de Tchaïkovski car il faut bien avouer qu'à part la musique du maître ce film ne propose pas grand chose d'intéressant...

4/10 Le Concert est un film très moyen, bourré de clichés et d'exagérations agaçantes. Les bons moments sont bien trop rares et les bons sentiments sous-jacents n'empêchent pas le film de sombrer dans l'invraisemblance et le mauvais goût.

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   Mélanie Laurent s'en sort plutôt bien malgré la faiblesse de l'ensemble

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07 décembre 2009

The Road

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Un film américain de John Hillcoat avec Viggo Mortensen, Kodi Smit-McPhee, et Guy Pearce

Genre
:
Science-Fiction - Durée : 1H59 mn

Voici le retour de la critique sur le cinéblog après une longue absence, peu de temps et peu de moyens pour aller au cinéma sont à l'origine de ce long silence. Pour ce retour j'avais à coeur de vous proposer un film qui en vaut la peine et le moins que l'on puisse dire c'est que The Road correspond à ce critère. John Hillcoat ne possède pas une filmographie impressionnante et pourtant l'adaptation du best seller de Cormac McCarthy et la présence de Monsieur Mortensen auront suffit à me convaincre. Le film raconte l'histoire d'un père et de son fils voyageant dans un monde post-apocalyptique où la nourriture est devenue une denrée rare. Les survivants se débrouillent pour subsister, utilisant parfois des méthodes peu orthodoxes...

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John Hillcoat réalise un film sans concessions, les décors sont sinistres et impressionnants de réalisme. Le réalisme ne s'arrête pas là puisque les scènes de violence sont vraiment très crédibles et font froid dans le dos. La construction chronologique du réçit parsemée de flash-backs est vraiment parfaite et nous permet de découvrir petit à petit le passé des deux protagonistes. Viggo Mortensen propose une interprétation bouleversante de ce père de famille résigné et partagé entre l'envie de voir son fils survivre et la peur de le voir tomber entre les mains des "cannibales". Le jeune Kodi McPhee est également très impressionnant de maturité et interprète brillamment un rôle très difficile pour son jeune âge.

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The Road est une grande surprise pour moi, je m'attendais à une version familiale de Mad Max et je me suis retrouvé en face d'un drame bouleversant et dérangeant. L'absence d'informations concernant les origines du désastre est une excellente idée et met le spectateur a égalité avec les personnages. Le film soulève des questions existentielles et propose des cas de conscience vraiment éprouvants pour le spectateur. Certaines situations sont insoutenables. Je prendrais en exemple le départ de la mère qui disparaît dans l'obscurité ainsi que la scène où le père explique à son fils comment se suicider en cas de capture. John Hillcoat ne fait aucune concession et certaines scènes seront un calvaire pour les âmes sensibles tant l'atmosphère est parfois malsaine. Le film ne s'essouffle jamais et tient le spectateur en haleine du début à la fin. Certains pourront être décontenancés par le dénouement proposant une pointe d'optimisme en rupture totale avec les deux heures précédentes. Quoi qu'il en soit cela n'enlève rien à la qualité de l'ensemble.

9/10  The Road est une expérience unique. Un film sombre, émouvant et dérangeant. A voir absolument.

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Viggo Mortensen a perdu 15 kilos pour le rôle, impressionnant

      

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17 octobre 2009

Démineurs

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Un film américain de Kathryn Bigelow avec Jeremy Renner, Anthony Mackie, et Brian Geraghty

Genre : Guerre - Durée : 2h04 mn

Après un été riche en excellents films, la rentrée est plus calme et cela permet de découvrir des productions un peu improbables. Il faut bien avouer qu'un film s'appelant "Démineurs" fait plutôt penser à un gros nanard qu'à un chef d'oeuvre d'art et d'essai. La faute au traducteurs qui ont maladroitement changé le titre original perdant ainsi toute chance de concquérir le public féminin. Et bien tout ceci est très dommage car le film va bien au-delà des clichés habituels du genre. L'histoire se déroule à Bagdad où l'on suit le quotidien du groupe de déminage du Lieutenant James, leur temps est partagé entre la vie au camp et les missions de déminage au coeur d'une ville où le danger peut venir de n'importe où...

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Kathryn Bigelow nous propose 18 ans après l'excellent Point Break une véritable prouesse en termes de réalisation. La première scène happe littéralement le spectateur pour le relâcher deux heures plus tard dans un état de tention avancé. En effet la réalisation est nerveuse, précise et le suspens omniprésent. Certes le scénario peut paraître un peu léger, mais quelle importance; l'intérêt est ailleurs. Le casting est inédit et nous permet de découvrir l'immense Jeremy Renner, j'ai été impressionné par ce jeune acteur qui nous propose une interprétation ultra crédible du Lieutenant James, évitant les pièges si faciles avec ce genre de production.

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"Démineurs" n'est pas un film de guerre à proprement parler, en effet ici peu d'affrontements directs, tout se fait par bombe interposée. De plus l'histoire est centrée sur l'équipe du Lieutenant James et ne montre pas de grand méchant intégriste prêt à tout pour détruire l'envahisseur américain. Cette désincarnation de l'ennemi permet une immersion totale et une bien plus grande crédibilité. Le film fait également la part belle à la psychologie du militaire américain en Irak avec des scènes chargées en émotion. La trame principale traîte de l'addiction à l'adrénaline de ces soldats en danger de mort permanent, on découvre ainsi l'importance de la vigilance qui est leur seule façon de rester en vie.
Quelques passages sont de véritables bijoux, je retiendrais la scène de snipe qui m'a scotché à mon siège. Attention "Démineurs" n'est pas parfait et quelques scènes sont un peu surréalistes, je pense notamment à la sortie nocturne du Lieutenant James qui me paraît légèrement exagérée. La fin est par contre très intéressante avec ce dur retour au quotidien traîté de manière originale.  Au final "Démineurs" mérite toutes les bonnes critiques et même un peu plus, une belle réussite à voir absolument.

8,5/10 Ne vous fiez pas aux apparences, on est loin du film de guerre bourrin et décérébré. La réalisation est incroyable et le fond n'est pas négligé, un très bon film.

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Une belle trouvaille de Kathryn Bigelow, Jeremy Renner est excellent.

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29 septembre 2009

L'Armée du Crime

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Un film français de Robert Guédiguian avec Simon Abkarian, Virginie Ledoyen, et Robinson Stévenin

Genre : Drame - Durée : 2H19 mn

En ces temps d'abondance cinématographique il est de plus en plus dur de faire un choix. L'Armée du Crime s'est imposé à moi naturellement avec un thème passionnant et un réalisateur que j'affectionne. Faisant fis des mauvaises critiques je découvrais le nouveau Guédiguian, un an seulement après la sortie de Lady Jane. L'histoire se déroule à Paris en 1944, Missak Manouchian un poète arménien est arrêté et enfermé dans un camp avec d'autres intellectuels étrangers. A sa sortie il va prendre la tête d'un groupe de jeunes idéalistes d'origines diverses déterminés à harceler l'occupant Nazi grâce à des actions d'éclat...

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Autant le dire tout de suite je n'ai pas été sensible à la réalisation de Guédiguian.Ce dernier nous avait habitué à beaucoup mieux et manque un peu d'inspiration à mon avis. Ainsi certaines scènes tournent au cliché et plombent un peu l'ambiance. De plus le début du film est brouillon et il faut du temps pour rentrer complètement dans l'histoire. Le casting est plutôt inégal avec un Simon Abkarian excellent ainsi que Robinson Stévenin mais une Virginie Ledoyen qui ne m'a pas convaincu avec un jeu plat et sans nuances. Jean-Pierre Darroussin est assez surprenant avec un rôle à contre emploi qui tranche radicalement avec sa précédente filmographie.

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L'Armée du Crime est un film historique et peu d'entre eux peuvent se targuer d'évoquer des évènements aussi peu connus et intéressants. Le scénario, même s'il ne colle pas parfaitement à l'histoire (Guédiguian l'avoue lui-même à la fin du film) est très convaincant et nous permet de découvrir le cheminement intellectuel des ces jeunes idéalistes, véritables symboles de la résistance parisienne. Certaines scènes sortent du lot et permettent de découvrir la France collaborationniste comme jamais auparavant. La dureté de certains passages entraîne une prise de conscience et l'on se rend compte à quel point le gouvernement français est allé loin dans sa collaboration avec l'ennemi. Les dernières minutes du film sont très dures et l'émotion vous submerge. Au final Guédiguian réalise un film essentiel mais maladroit dans sa forme. A voir absolument pour le côté historique passionnant.

6,5/10  Une réalisation qui pénalise un film au potentiel immense. A voir quoi qu'il en soit.

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Une réalisation sans grande originalité...

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23 septembre 2009

District 9

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Un film sud-africain de Neill Blomkamp avec Sharlto Copley, David James, et Jason Cope

Genre : Science-Fiction - Durée : 1H50 mn

Voici déjà quelques temps que l'on entend parler de cet ovni cinématographique, j'ai nommé District 9. Produit par Peter Jackson et mis en scène par un réalisateur sud-africain inconnu, le film a su créer le Buzz sur internet grâce à son originalité tant sur le fond que sur la forme. J'ai donc enfin découvert cette petite bombe venue de l'hémisphère sud. L'histoire se déroule de nos jours à Johannesburg, cela fait 20 ans que les extraterrestres ont débarqué, plutôt pacifistes et n'ayant nulle part où aller ils sont parqués dans un bidonville d'où ils ne peuvent pas sortir...

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Neill Blomkamp réalise un film très original avec un aspect documentaire prépondérant assaisonné d'images d'archives et de tournage plus conventionnel. Les premières minutes du film font d'ailleurs penser à un vrai documentaire. Le parti pris est ultra dynamique avec des images filmées caméra au poing pour une immersion maximum. Les effets spéciaux qui ont pourtant été produits avec un budget restreint donnent un rendu incroyable et très réaliste en utilisant peu les images de synthèse. Les "crevettes" sont notamment très réussies. Les bruitages ne vous laisseront pas indifférent, l'on en prend plein les oreilles dans la grande salle d'un multiplex. Le Casting est inédit avec des acteurs inconnus, Sharlto Copley porte le film avec le charisme des plus grands et propose une évolution intéressante de son personnage.

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District 9 est une expérience cinématographique inédite; un savant mélange entre action, humour, gore et pure SF. Le film est ultra immersif et l'on ne s'ennuie jamais. Le scénario est plutôt banal mais réussi, même si certaines scènes auraient mérité un approfondissement afin d'être plus crédibles. Je pense notamment à l'évasion un peu facile du bâtiment de la MNU. A part ça pas grand chose à redire sur la forme qui, pour un premier film, est impressionnante. Ne soyez pas rebuté par l'aspect science fiction qui est largement atténué par l'humour noir et la problématique soulevée par le film. Véritable allégorie de la société sud-africaine des années 80 il propose d'examiner un racisme virulent à l'encontre d'une espèce extra terrestre pas forcément hostile. Et c'est là aussi que Neill Blomkamp se démarque de ce qui a déjà été fait. Les "crevettes" ne sont pas ici pour détruire l'espèce humaine mais pour trouver refuge. En proposant des extraterrestres aux "valeurs" différentes il dépoussière le concept du martien buté n'obéissant qu'à une logique de destruction. Certes on peut constater quelques petites imperfections de jeunesse et bien sûr certains seront choqués par l'extrême violence omniprésente. En tout cas si vous êtes bon client de ce genre de productions alors l'humour, les effets spéciaux et l'action débridée vous feront passer un pur moment de divertissement.

8/10  Un premier film très réussi qui porte la griffe des grands réalisateurs, Neill Blomkamp est à surveiller de près.

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Des effets spéciaux d'un esthétisme rare

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12 septembre 2009

A Deriva

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Un film brésilien de Heitor Dhalia avec Vincent Cassel, Debora Bloch, et Laura Neiva

Genre : Drame - Durée : 1H43 mn

Sélectionné au dernier festival de Cannes, ce premier film d'Heitor Dhalia était surtout l'occasion pour moi de découvrir Vincent Cassel dans un rôle à contre emploi et dans une langue inédite qu'il maîtrise parfaitement: le portugais. Un an après l'excellent diptyque Mesrine on retrouve Monsieur Cassel en père de famille portugais dans la tourmente. En effet son mariage bat de l'aile et sa situation familiale se dégrade. Mais A Deriva c'est d'abord l'histoire de sa fille Filipa, une adolescente de 14 ans en vacances avec sa famille au bord de la mer et qui va découvrir les secrets de ses parents tout en faisant ses premiers pas dans la vie d'adulte...

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Le scénario étant plutôt banal, Heitor Dhalia mise tout sur la réalisation et le moins que l'on puisse dire c'est que le résultat est concluant. Le réalisateur brésilien alterne entre gros plans et plans larges et démontre un sens certain de l'esthétisme. Les teintes sépia utilisées collent parfaitement avec l'ambiance soirée d'été que distille le cinéaste. Et puis bien sûr il y a l'océan, filmé sous toutes les coutures Monsieur Dhalia nous en met plein la vue avec des plans d'une finesse inégalée.
On pourrait croire que Vincent Cassel est le personnage principal. Et même si ce dernier nous propose une superbe interprétation de Mathias, c'est bien Laura Neiva qui tient la vedette. Cette jeune actrice brésilienne dont c'est le premier film est tout simplement bluffante. Elle propose une interprétation de Filipa intelligente et toute en nuances. Un vraie révélation dont on entendra certainement parler dans un futur proche.

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A Deriva est classé dans la catégorie "Drame". Pour ma part, je l'ai ressenti comme une chronique familiale à mi chemin entre le mélo et la contemplation pure. Le film est sans surprises et pourtant Heitor Dhalia nous hypnotise, on s'ennuie rarement et les quelques longueurs sont bien camouflées par les paysages magnifiques de la côte brésilienne. Le film est donc très agréable mais pas exempt de défauts. En effet le côté contemplatif peut être assez agaçant par moments; de plus le scénario tourne pas mal autour du pot pour un résultat assez discutable. Le film est sentimental, esthétique mais le "voyage initiatique" de Filipa est un peu trop fade et aseptisé si bien que l'émotion peine un peu à prendre le dessus. Certes la pudeur ambiante est très agréable mais on a l'impression que le réalisateur se repose dessus pour camoufler les lacunes du scénario. Au final A Deriva est assez intéressant pour un premier film et vous promet un voyage dépaysant dans la moiteur d'une soirée d'été brésilien. A voir en VO pour profiter de cette merveilleuse langue qu'est le portugais.

7/10  Un film esthétique et sentimental qui vous fera passer un moment agréable même si son scénario un peu léger l'empêche d'atteindre l'excellence.

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Laura Neiva est la révélation de ce film, son charisme et son physique sculptural lui promettent une belle carrière 

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06 septembre 2009

Un Prophète

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Un film français de Jacques Audiard avec Tahar Rahim, Niels Arestrup, et Adel Bencherif

Genre : Policier - Durée : 2H30 mn

Deux jours après avoir revu l'excellent "De Battre Mon Coeur s'est Arrêté" rediffusé sur Arte, je découvrais la sensation cinématographique de cette fin d'été, la nouvelle réalisation de Jacques Audiard. Encensé par la critique, j'étais très impatient de découvrir le nouveau film de ce réalisateur si talentueux. Le film raconte l'histoire de Malik, un jeune homme de 19 ans condamné à 6 ans de prison. Illettré et chétif il va devoir faire beaucoup d'efforts et passer par des épreuves pénibles pour faire sa place dans cet univers impitoyable...

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Jacques Audiard réalise un film sombre et étouffant, la mise en scène est ultra réaliste et nous plonge directement au milieu de l'univers carcéral français. Le scénario est très intéressant et nous propose de suivre l'ascension du Jeune Malik, véritable autodidacte du banditisme qui gravit les échelons grâce à son intelligence et son habileté dans les rapports humains. Tahar Rahim qui sort un peu de nulle part est la grande révélation de ce film et nous propose une interprétation tout simplement géniale de Malik, son naturel est vraiment bluffant et son duo avec Niels Arestrup fonctionne à merveille.

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Un Prophète est un film français comme on en voit rarement, véritable oasis au milieu d'un désert de médiocrité il entraîne le spectateur dans les bas fonds d'une prison de la région parisienne avec une maestria digne des plus grands. Dès les premières minutes du film on est prit à la gorge, on étouffe, l'atmosphère est tendue et le spectateur est instantanément captivé par l'ambiance et le charisme de Tahar Rahim. Jacques Audiard nous propose de suivre le quotidien d'un détenu français avec les codes qu'il doit respecter, les combines possibles pour améliorer son quotidien, le racisme, la corruption et les clans. L'ascension de Malik est un vrai régal et rend son personnage attachant. Le film est long mais l'on ne s'ennuie jamais et l'on en redemande même. La fin est quant à elle le seul point discutable du film, en effet on s'attend à un dénouement tragique qui se transforme petit à petit en une happy end à la morale plus que douteuse et dérangeante à cause des émotions qu'elle suscite. Je ne sais pas si Audiard l'a réalisée dans cette optique mais elle me laisse une impression en demie teinte. Enfin cela n'est qu'un détail et ne vient aucunement gâcher ce film qui fait honneur au cinéma français. Jacques Audiard réalise certainement LE film de sa carrière et s'impose comme le meilleur réalisateur français en activité.

9/10  Désolé de paraphraser Première mais  "Jacques Audiard est grand"

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Tahar Rahim irradie le film de son talent, une belle découverte

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09 août 2009

Whatever Works

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Un film américain de Woody Allen avec Evan Rachel Wood, Larry David, Michael McKean, Patricia Clarkson, Ed Begley. Jr, et Henry Cavill

Genre : Comédie - Durée : 1H32 mn

Si la crise économique fait rage en ce moment, le moins que l'on puisse dire c'est que l'été 2009 n'aura pas connu de crise en matière de cinéma. En effet après le génial Public Enemies et l'excellent The Reader voici la nouvelle réalisation de Woody Allen qui marque son retour à la comédie New Yorkaise. Woody Allen c'est une filmographie longue comme le bras comprenant de véritables perles comme Match Point, Maudite Aphrodite ou Celibrity (j'en passe et des meilleurs) avec toujours une constante, un humour cynique et incisif et des dialogues légendaires. Whatever Works ne déroge pas à la règle avec en plus New York en toile de fond, une ville qui, on le sait est chère au coeur de Monsieur Allen. Le film raconte l'histoire de Boris Yellnikoff, un professeur de physique à la retraite divorcé et suicidaire qui fait la rencontre de Melody, une jeune provinciale naïve qui va s'inviter chez lui et prendre une grande place dans sa vie...

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Woody Allen réalise un film comme lui seul en a le secret, une comédie intelligente et atypique dans le cadre si particulier et intéressant de New York. Le scénario est une véritable perle ainsi que les dialogues très travaillés qui hypnotisent littéralement le spectateur. De plus la relation qui se construit entre Boris et le public est un véritable régal que l'on doit à la narration directe si particulière et vraiment parfaitement pensée.
Evan Rachel Wood est méconnaissable en jeune provinciale débarquant à New York avec des rêves plein la tête. La transformation de son personnage tout au long de l'histoire est également remarquable. Quant à Larry David c'est bien à lui que l'on doit la plus grosse performance. Son interprétation de ce professeur de physique à la retraite, misanthrope et un brin mégalomane est un régal.

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Whatever Works est un film qui captive le spectateur d'entrée, à voir en VO pour un maximum de crédibilité, les dialogues sont la véritable force de cette réalisation. Les longues tirades de Boris qui à un avis tranché sur tous les sujets sont épatantes, tantôt cynique, tantôt provocateur il vous fera éclater de rire plus d'une fois par ses réactions décalées et inattendues. Sa relation avec Melody même si elle peut sembler du domaine de la science fiction donne lieu à de véritable moments d'anthologie comme lorsque cette dernière lui raconte sa première expérience sexuelle. Le film explore également les relations de couple et leurs conséquences avec toujours la même morale "Pourvu que ça fonctionne". La fin du film est par contre un peu décevante car très prévisible et un peu cliché mais aux vues de la qualité des 80 premières minutes on n'en tiendra pas rigueur à Woody Allen. Au final Whatever Works est un film vraiment hilarant qui vous fera passer un très bon moment et vous mettra de bonne humeur à coup sûr.

8.5/10 Un excellent divertissement, à 73 ans Woody Allen est encore au top.

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Un duo plutôt inattendu mais qui fonctionne à merveille.

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06 août 2009

The Reader

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Un film américain et allemand de Stephen Daldry avec Kate Winslet, Ralph Fiennes, et David Kross

Genre : Drame - Durée : 2H03 mn

En cette période estivale assez prolifique en bons films il m'est difficile de faire des choix, mais celui là s'est imposé à moi comme un incontournable. Stephen Daldry est un réalisateur peu connu mais à qui l'on doit déjà Billy Elliot et The Hours. Le revoilà 6 ans après avec The Reader, un drame adapté du roman éponyme de Bernhard Schlink qui aborde le sujet de la culpabilité allemande concernant la seconde guerre mondiale. Allemagne de l'ouest hiver 1958, le jeune Michael Berg fait la connaissance d'Hannah, une femme de vingt ans son aîné dont il devient l'amant. Il la perd de vue à la fin d'un été de passion mais la retrouvera bien des années plus tard dans des circonstances particulières...

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Stephen Daldry réalise un film particulier, le parti pris est plutôt contemplatif avec des prises de vue tout en retenue. On peut prendre en exemple les scènes d'amour entre Michael et Hannah qui sont filmées avec une pudeur et un esthétisme qui ne laisse pourtant aucun doute quant à la passion dévorante qui les anime. On retrouve au casting un belle brochette d'acteurs. Tout d'abord Kate Winslet qui a reçu l'Oscar de la meilleure actrice pour le rôle d'Hannah (Oscar amplement mérité à mon avis), Ralph Fiennes que l'on a connu meilleur mais qui s'en sort tout de même avec les honneurs et enfin David Kross qui nous propose une interprétation magnifique de Michael jeune. Ce dernier est tellement bon que j'aurais préféré qu'il garde son rôle tout au long du film quitte à avoir recours aux effets spéciaux pour le vieillissement.

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The Reader est un film de fond qui soulève beaucoup de questions principalement sur la culpabilité et sur la propension à pardonner sur des sujets aussi graves que le génocide juif. Stephen Daldry n'est pas manichéen et nous expose des faits, nous laissant nous faire notre propre opinion sur la question. Ainsi alors que la première partie du film est assez légère et fait bien entrer le spectateur dans l'histoire, la deuxième partie propose clairement une réflexion. L'émotion est omniprésente dans la dernière heure et monte crescendo jusqu'au dénouement qui vient libérer le spectateur. La dernière scène du film insiste une dernière fois sur le malaise qui réside en chacun de nous face au dilemme de Michael, un dénouement vraiment habile qui laisse le spectateur un peu confus. Bravo Monsieur Daldry.

9/10  Un film mélangeant habilement fond et forme. A voir absolument ne serait ce que pour le côté historique et la réflexion vraiment utile qu'il déclenche.

Lien vers la critique du roman de Bernhard Schlink

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David Kross est la révélation de ce film

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