27 décembre 2009
American History X
Un film américain de Tony Kaye avec Edward Norton, Edward Furlong, Beverly D'Angelo, Jennifer Lien, Elliot Gould et Stacy Keach
Genre : Drame - Durée : 1H59 mn
En cette période de fêtes le moment est idéal pour revoir les vieux DVDs qui prennent la poussière sur une étagère abandonnée. Cette semaine j'ai donc fais une cure de films cultes dont American History X qui m'a rappelé à quel point Tony Kaye avait frappé fort il y a dix ans. Un réalisateur dont American History X aura été l'un des seuls films... L'histoire raconte la vie d'une famille américaine qui bascule dans la haine raciale suite à l'assassinat du père par un dealer. Le frère aîné de la famille va rentrer dans une spirale de haine et de violence jusqu'à être incarcéré. Il entraînera ainsi son jeune frère à prendre sa succession...
Tony Kaye réalise un film délicat sur un sujet tabou aux États-Unis, sa mise en scène est vraiment très intelligente et il utilise les flash-back de manière très habile pour nous permettre de découvrir progressivement l'histoire de la famille Vinyard. La violence est parfois dure à supporter notamment pour la scène d'introduction qui a marqué toute une génération de spectateurs et qui revient sur le tapis chaque fois que je parle du film avec quelqu'un.
Le Casting se résume principalement à Edward Norton et Edward Furlong qui forment un duo parfait. Ce film aura permit à Norton de faire décoller sa carrière et sera le dernier grand rôle d'Edward Furlong, malheureux John Connor de Terminator 2.
American History X est un film sans concessions, le réalisateur n'épargne aucune épreuve au spectateur, violence physique ou psychologique, l'intolérance et la haine sont les deux thèmes majeurs développés. Le générique final laisse le spectateur en état de choc, un peu perdu mais sûr d'une chose: Tony Kaye maîtrise vraiment son sujet et nous expose sans parti pris les travers d'une société américaine où la haine et la violence sont les réponses à tous les problèmes. La fin tragique que l'on sent arriver à des kilomètres fait pourtant beaucoup d'effet et l'hésitation n'est plus permise, on est en face d'un grand film, un film qui aura marqué le cinéma des années 90.
9.5/10 Un film fort et engagé qui vous laissera sans voix, à voir absolument.

Sacré rôle pour Edward Norton dans la foulée de Fight Club
18 décembre 2009
Avatar
Un film américain de James Cameron avec Sam Worthington, Zoe Saldana, Michelle Rodriguez, et Sigourney Weaver
Genre : Science-Fiction - Durée : 2H40 mn
Le mardi 15 décembre aura été une journée particulière pour moi puisque je me suis rendu dans l'une des plus grande salle de cinéma de Lyon pour l'avant première d'Avatar en 3D et en VO s'il vous plaît. Me voici donc assis dans l'obscurité, des lunettes sur le nez et dans une salle comble. L'attente aura été longue, insoutenable parfois. Mais voici enfin le retour de James Cameron à la réalisation dix ans après Titanic. Une fois encore le réalisateur affole les compteurs avec un budget de 350 millions de dollars et une nouvelle technologie révolutionnaire. L'histoire se passe dans le futur sur la lointaine planète Pandora, Jake Sully, un militaire américain paraplégique vient remplacer son frère jumeau dans l'expérience Avatar...
James Cameron est un grand cinéaste, cela n'est plus à prouver. Mais la prouesse technique réalisée pour Avatar lui assure de rentrer au Panthéon du cinéma comme le premier réalisateur à avoir su proposer une vraie expérience 3D. Le projet était pourtant pharaonique lorque l'on sait que Cameron a créé la planète Pandora de toute pièce. Les environnements sont magiques, la modélisation des personnages absolument parfaite et les scènes d'action sont simplement les plus impressionnantes qu'il m'ait été donné de voir. La 3D est bien sûr incontournable et l'immersion est totale en quelques secondes, l'impression de profondeur est un vrai régal et la visite de la planète Pandora un enchantement. Le casting est également très réussi et Sam Worthington est impeccable dans le rôle de Jake Sully. On retrouve aussi Sigourney Weaver que l'on croyait à la retraite et qui démontre qu'elle n'a rien perdu de son talent.
Avatar est un film magique, il fait partie de ces productions qui font évoluer le cinéma. En effet on peut affirmer sans trop prendre de risques qu'il y aura un avant et un après Avatar. L'histoire n'est pas très originale et sent un peu le déjà vu, pourtant la magie opère instantanément. L'initiation de Jake Sully par Neytri permet de découvrir la culture Na'vi de manière très agréable. Même les quelques petits moments moralisateurs et la surrenchère dans l'action ne viennent pas gâcher un ensemble à la limite de la perfection. L'histoire est en tout cas vraiment plaisante et confirme que James Cameron est un véritable conteur d'histoires. Les scènes d'action sont à couper le souffle et l'assaut final finira de vous scotcher à votre siège. L'happy end que l'on ne sentait pas forcément venir n'est pas trop dérangeante et lorsque le générique commence on enlève ses lunettes et l'on prend conscience du sourire béat qui ne nous a que très rarement quitté durant les 3 heures du film.
10/10 Un grand moment, le divertissement ultime, l'aube d'une nouvelle ère dans le cinéma. James Cameron confirme son statut de monstre sacré. Avatar est une expérience unique à vivre en VO et en 3D pour un plaisir maximal.

La modélisation des Na'vis est impressionnante, une véritable prouesse.
29 octobre 2009
American Beauty
Un film américain de Sam Mendes avec Kevin Spacey, Mena Suvary, Annette Bening, Thora Birch et Wes Bentley
Tout d'abord je vous présente mes excuses pour ce petit temps mort sur le cinéblog mais, études obligent, le temps me manque pour me rendre dans les salles obscures. J'ai donc décidé de vous parler d'un de mes films cultes, le chef d'oeuvre de Sam Mendes. Avec des réalisations comme Les Sentiers de la Perdition, Jarhead ou encore Revolutionnary Road, Monsieur Mendes possède une filmographie impressionnante. American Beauty est son premier film, et quel film !! Un coup de maître. L'histoire se déroule dans une banlieue résidentielle typiquement américaine et présente la vie de la famille Burnhamm dont le quotidien repose sur les apparences et cache une profonde misère émotionnelle. Un évènement pour le moins inattendu va changer le destin de ces gens ordinaires.
Sam Mendes réalise un film profond et vraiment original. L'alternance entre les fantasmes de Lester Burnhamm et la réalité est vraiment bien amenée. Les passages de narration par Lester sont excellents et créent une intimité avec le spectateur. La pudeur de la réalisation se retrouvera dans toutes ses réalisations suivantes et sera la vraie marque de fabrique de Monsieur Mendes. Le casting est parfait avec bien sûr le génial Kevin Spacey et une Annette Bening au sommet de sa forme en mère de famille névrosée. La bande son est également remarquable avec ce fameux thème principal, magnifique qui rythme tout les moments clé du film.
American Beauty est un pur ovni cinématographique, proposant d'observer à la loupe les travers d'une société américaine puritaine sclérosée par un quotidien trop bien réglé. Certaines scènes resteront au panthéon du cinéma, je pense notamment à la séquence d'introduction et cette fameuse réplique "Look at me jerkin' off in the shower". Mais American Beauty c'est aussi un univers, cette banlieue américaine avec ses codes et les personnes qui viennent les bousculer. L'un des personnages les plus intéressant est celui du jeune Ricky, complètement en décalage avec les gens de son quartier, il trompe le monde qui l'entoure grâce à une sérénité et un calme sans faille qui cachent pourtant une certaine perversité. L'évolution de Lester Burnhamm est un régal. Le passage du père de famille castré au quadragénaire expansif et sans tabous est vraiment bien vu et évite les clichés. La conclusion est brutale et laisse le spectateur sans voix même si la couleur est annoncée dès le début. Un grand film proposant un univers unique et attachant.
9,5/10 Le meilleur de Sam Mendes, un film qu'il est difficile de détester tant la maîtrise du sujet est grande, j'attends les critiques de ceux qui ne seraient pas de mon avis.

La transformation de Lester Burnhamm est un régal !
22 août 2009
Inglorious Basterds
Un film américain de Quentin Tarantino avec Brad Pitt, Mélanie Laurent, Christoph Waltz, Eli Roth, Diane Kruger et Daniel Bruhl
Genre : Action - Durée : 2H28 mn
Décidément cet été 2009 est un vrai régal pour les cinéphiles, après "Whatever Works", "Public Enemies" et "The Reader" on peut dire qu'il y en a eu pour tous les goûts! Mais c'était sans compter avec le nouveau film de l'enfant terrible du cinéma, Quentin Tarantino ! Après un "Boulevard de la Mort" qui avait divisé, le réalisateur de Pulp Fiction revient avec un film au thème plutôt inattendu, la seconde guerre mondiale. L'histoire se déroule en 1940, un fermier français reçoit la visite d'un colonel nazi car il est suspecté de cacher une famille juive chez lui, après un face à face très tendu le fermier craque et la famille juive est massacrée, la jeune Shosanna réussit miraculeusement à s'en sortir indemne et refera surface quatre ans plus tard...
Que dire de la réalisation ? Et bien Quentin Tarantino nous propose du "pur Tarantino", et on ne va pas s'en plaindre ! Le cinéaste alterne comme à son habitude de longues scènes proposant des dialogues ultra travaillés et captivants avec des scènes d'action brutales et vraiment jouissives. La violence est omniprésente et parfois vraiment insoutenable. Je ne crois pas que Tarantino soit déjà allé aussi loin. Mais en même temps le thème s'y prête bien. Le casting parle de lui même avec une brochette d'acteurs incroyables qui nous proposent tous une interprétation de grande qualité. Deux d'entre eux ont particulièrement retenu mon attention, tout d'abord Christoph Waltz que l'on découvre et qui est très impressionnant dans son interprétation du Colonel Nazi Hans Landa, il a en tout cas amplement mérité son prix d'interprétation à Cannes. Ensuite j'aimerais parler de Mélanie Laurent, cette jeune actrice qui avait percé grâce à "Je vais bien ne t'en fais pas" crève l'écran. Son charisme et sa beauté presque irréelle captivent le spectateur. Lors de ses nombreuses apparitions l'on ne voit qu'elle, son interprétation de Shosanna restera longtemps dans les mémoires.
Inglorious Basterds est une oeuvre inclassable; comme dans tous ses films Tarantino mélange savamment les genres avec maestria et des références toujours plus nombreuses et impressionnantes. Les dialogues abondants et les longues tirades sont un véritable bonheur,Tarantino est toujours aussi incisif et drôle dans son écriture. Il est également important de noter que le film n'est pas doublé (dans sa version originale) et que chaque protagoniste parle sa langue natale lorsque la situation s'y prête. Ainsi une bonne moitié du film est en français, le reste en anglais et en allemand, du jamais vu pour un film américain, mais le résultat est tellement plus crédible !
Le scénario d'Inglorious Basterds peut paraître un peu désuet mais sa légèreté et les libertés prises par Tarantino sur le déroulement de la seconde guerre mondiale ne choquent jamais. On sent que le réalisateur veut surprendre, mais pas seulement, sa mise en scène de la chute du troisième Reich est révélatrice d'une déception sur le dénouement réel du conflit. Ainsi la mort violente du "Führer" de la main d'un juif est (selon moi) une manière d'exorciser la frustration sur la mort réelle d'Hitler qui s'est suicidé avant d'avoir à répondre de ses actes. Au final Inglorious Basterds est un grand film dont les quelques défauts, notamment au niveau de la longueur de certains passages, sont complètement éclipsés par une inspiration et une maîtrise qui font de Tarantino un réalisateur à part et un immense cinéaste.
9,5/10 Ne tenez pas compte de certaines critiques complètement à côté de la plaque, ce film est tout simplement génial.
27 juillet 2009
Will Hunting
Un film américain de Gus Van Sant avec Matt Damon, Robin Williams, Ben Affleck, Minnie Driver et Casey Affleck
Genre: Comédie Dramatique - Durée: 2H06 mn
Premier véritable succès commercial de Gus Van Sant alors que ce dernier était plutôt considéré comme un réalisateur de cinéma d'auteur, Will Hunting sort au mois de mars 1998. Depuis le cinéaste américain s'est illustré avec Elephant, Last Days, Paranoid Park et plus récemment avec "l'Oscarisé" Milk. Will Hunting raconte l'histoire de Will, un jeune homme rebelle vivant dans un quartier défavorisé de Boston et qui gagne sa vie grâce à des petits boulots. Sa vie dissolue va l'amener à faire le ménage dans les couloirs du prestigieux MIT...
Gus Van Sant réalise un film de fond, il n'y a aucune fioriture au niveau de la mise en scène. Le but du cinéaste est clairement l'émotion. Le scénario est impeccable même s'il est un peu prévisible dans la première partie. Le Casting est quant à lui vraiment incroyable avec le face à face Matt Damon, Robin Williams qui donne toute son ampleur au film. Les deux acteurs se livrent un combat psychologique sans merci et vraiment passionnant. Ben Affleck interprète le meilleur rôle de sa carrière ainsi que Minnie Driver que l'on découvrait à cette époque.
Will Hunting utilise les mécanismes bien rodés de la thématique du "surdoué" et arrive à les sublimer. Le film met en opposition la jeunesse défavorisée des quartiers de Boston avec l'élite intellectuelle des États-Unis. Le personnage de Will est le trait d'union entre ces deux mondes totalement différents et vient bousculer le schéma de "l'American Dream" qui vante le travail et le volontarisme. Le film est également un voyage au coeur de la psychologie torturée de Will qui doit choisir entre une vie prestigieuse dont il n'a que faire et l'aventure dont il rêve. Will est aidé dans sa quête par le docteur Sean Maguire. Les débuts entre les deux hommes sont extrêmement difficiles mais petit à petit une relation de profonde amitié va s'installer. C'est sur cette relation que le film est bâti et le moins que l'on puisse dire c'est que le résultat est brillant. Les dernières minutes du film sont bouleversantes, on reste sans voix... magnifique.
9.5/10 L'un des meilleurs films de Gus Van Sant, à voir absolument.

"C'est pas ta faute", une scène extraordinaire qui amène l'émotion à son paroxysme
22 juillet 2009
Amadeus
Un film américain de Milos Forman avec Tom Hulce, F. Murray Abraham, Elisabeth Berridge, Simon Callow et Roy Dotrice
Genre: Historique - Durée: 2h59 mn
Huit ans après l'exceptionnel Vol au Dessus d'un Nid de Coucou, Milos Forman revenait avec ce qui allait devenir son chef d'oeuvre. J'ai vu Amadeus pour la première fois alors que j'étais très jeune. A ce moment là le film m'avait bien plu mais je n'en avais pas compris toute l'ampleur et tout le génie. une dizaine d'années plus tard et une deuxième vision me feront prendre l'exacte mesure du tour de force de Monsieur Forman. Nous sommes en 1823 et un vieillard du nom de Antonio Salieri est inconsolable, en effet ce dernier dit à qui veut l'entendre qu'il est l'assassin du prodige Mozart...
La réalisation est grandiose. Milos Forman nous plonge au coeur de Vienne au XVIIIème siècle, les décors, les costumes et les reconstitutions de la ville sont incroyables. Le film nous propose un véritable voyage temporel. Amadeus se veut fidèle à la vie de Mozart mais le scénario et le principe de narration apportent un véritable cadre à cette vie qui est déjà extraordinaire en soit. Amadeus propose un casting parfait. Tom Hulce est époustouflant en Mozart, jouant à merveille l'ambivalence du personnage, à la fois génial et cinglé. F. Murray Abraham campe un Antonio Salieri très crédible et met en exergues, par son flegme, la folie de Mozart. Quant à la bande son, que dire... Elle est composée des plus grandes oeuvres du Maestro. Ce qui veut dire trois heures de délice pour les oreilles.
Amadeus est un film empreint d'une atmosphère unique. Tout d'abord je l'ai déjà dis grâce à la narration de Salieri. Mais ce n'est pas tout. En effet Monsieur Forman à réussi, selon moi, à retranscrire un Mozart plus vrai que nature. Il arrive en effet à démystifier la légende, le rendant profondément humain. Tout cela est à nuancer bien sûr lorsque l'on découvre à quel point Mozart est un génie de la musique. De plus la grande force du film est d'appuyer sur la rivalité entre Salieri et Mozart, une rivalité à sens unique qui va vite se transformer en une admiration sans bornes de la part de Salieri. Ce film est également riche en anecdotes vraiment passionnantes, on apprend en effet que le célèbre Requiem était en fait une commande de Salieri à Mozart sous une fausse identité, ce dernier projetait de voler cette oeuvre après avoir assassiné Mozart. Au final on est en présence d'un véritable chef d'oeuvre du cinéma, à voir et à revoir.
9,5/10 Le Chef d'oeuvre de Milos Forman.

Milos Forman arrive à raconter avec brio la vie du plus grand musicien que le monde ait connu
12 juillet 2009
Public Enemies
Un film américain de Michael Mann avec Johnny Depp, Christian Bale, et Marion Cotillard
Genre : Drame - Durée : 2H13 mn
Installé dans la salle d'un multiplex, afin d'avoir un rendu visuel maximal je m'apprêtais à découvrir, avec une bande d'amis presque aussi impatients que moi, le nouveau chef d'oeuvre de Michael Mann. Depuis le très controversé Miami Vice on attendait le retour du cinéaste américain avec un film qui mettrait tout le monde d'accord. Public Enemies est ce film. John Dillinger est le criminel le plus recherché des États-Unis, il braque les banques comme personne et s'assure, en ces temps de crise économique grave, le soutient du publique. John E Hoover qui vient de fonder la police fédérale en fait une affaire personnelle et décide de mettre son meilleur agent, Melvin Purvis sur l'affaire. Un face à face de légende va commencer...
Michael Mann est un véritable esthète. Le contraste entre les années 30 et le rendu de la caméra numérique est bluffant. Les images sont d'une qualité inégalée et les scènes de nuit que Michael Mann affectionne tant sont des merveilles. Le Cinéaste alterne entre plans fixes, gros plans sur les visages et les scènes caméra au poing qui donnent un véritable dynamisme au film. Que dire du casting si ce n'est qu'il aurait été difficile de faire mieux. Je vais utiliser un pléonasme mais Johnny Depp nous livre une interprétation digne des plus grands, le moins que l'on puisse dire c'est qu'il a saisi le caractère de John Dillinger. Christian Bale n'a pas le bon rôle et se retrouve un peu éclipsé par le génie de Depp mais son interprétation est pourtant de très haute qualité. Quant à Marion Cotillard, je pense qu'il y aura dans sa carrière un avant et un après Public Enemies.
Le film commence avec une scène où John Dillinger est incarcéré, ce dernier ne semble pas inquiet, et pour cause il va s'échapper quelques minutes après son arrivée. Cette première scène annonce la couleur d'entrée avec une fusillade déjà très impressionnante. Mais le meilleur est à venir avec la fusillade dans les bois qui m'a littéralement"scotchée à mon siège". Cette scène incroyable ferait presque oublier l'escarmouche mythique de Heat. Le son des armes à feu donne des frissons ainsi que le bruit des impacts qui est ultra réaliste. Vous l'aurez compris Public Enemies est un véritable régal pour les yeux et les oreilles, mais heureusement pour lui, il propose une histoire et un scénario très bien écrit. John Dillinger était le plus grand des braqueurs, un professionnalisme doublé d'un génie de la communication qui lui a permis de fasciner le publique au lieu de l'effrayer. Il était un homme passionné qui aimait la vie plus que tout, son histoire d'amour enflammée avec Billie Frechette en est le meilleur exemple et la dernière scène finit de nous en convaincre. En effet Il va voir "l'Ennemi Publique Numéro 1" avec Clark Gable juste avant d'être abattu, quelle ironie... Cela nous montre que John Dillinger préférait risquer de se faire tuer plutôt que de renoncer à ce qu'il aime. Cette scène achève de superbe manière un grand film. Que dire de plus ? Bravo Monsieur Mann !
9.5/10 La grande classe

Que c'est agréable de voir Johnny Depp dans un autre registre que Tim Burton
23 juin 2009
Apocalypse Now
Un film américain de Francis Ford Coppola avec Martin Sheen, Marlon Brando, Frederic Forrest, Robert Duvall, Denis Hopper et Laurence Fishburne.
Genre: Guerre - Durée: 3H22 mn
Francis Ford Coppola c'est une liste de chef d'oeuvres longue comme le bras avec par exemple la trilogie du Parrain, Dracula et surtout Apocalypse Now. J'ai décidé de chroniquer ce film qui obtint la palme d'or à Cannes en 1979 ex aequo avec Le Tambour et qui est pour moi le meilleur film de Coppola. L'histoire se déroule pendant la guerre du Viet Nam, le capitaine Willard est en poste à Saïgon et attend de se voir confier une mission. Durant cette attente son état mental se dégrade et celui-ci sombre peu à peu dans la dépression jusqu'à ce qu'une mission lui soit confié. Cette mission classée top secret a pour but l'assassinat d'un colonel des forces spéciales aux méthodes peu orthodoxes qui a déserté pour créer sa propre armée au Cambodge...
Coppola réalise un film visuellement impressionnant, les scènes de guerre sont époustouflantes même encore aujourd'hui à l'heure du "tout numérique". Il se dégage aussi une recherche de l'esthétisme qui tranche avec les atrocités de la guerre, en effet certaines prises au couché et au levé du soleil sont tout simplement magnifiques. On peu aussi parler de la scène mythique de l'attaque des hélicoptères sur la Chevauchée des Valkyries de Wagner qui illustre bien cette recherche de l'esthétisme. Passons maintenant au casting et là je dois dire que Monsieur Coppola nous à gâté ! Martin Sheen qui est présent dans presque toutes les scènes du film nous propose l'une des grandes interprétations des années 80 avec la délicate mission de jouer un officier en plein doute, brisé par la guerre et à la limite de la rupture. On peut également parler de Robert Duvall et Denis Hopper qui interprètent brillamment deux personnages complètement "barrés". Enfin Marlon Brando, incroyable Marlon Brando qui n'apparaît qu'une trentaine de minutes à l'écran mais dont l'intervention est cruciale et fait littéralement basculer le film de l'excellent au culte.
Apocalypse Now est une oeuvre qui possède deux visages. Le premier est un film de guerre réaliste et dur montrant crûment les atrocités commises par les deux camps ainsi que leurs différentes approches du conflit. Le côté insouciant des soldats américains est souvent repris tout au long du film au travers d'exemples incroyables comme ce commandant qui veut envoyer ses soldats surfer alors que les bombes pleuvent. D'un autre côté Apocalypse Now est une oeuvre mystique, Coppola insiste beaucoup sur la santé mentale des différents protagonistes qui se dégrade au fur et à mesure de cette épopée improbable de laquelle ils savent qu'ils ne reviendront pas indemnes. Mais le mysticisme atteint son apogée durant la dernière demie heure du film et la découverte de cette société archaïque où le Colonel Kurtz est considéré comme une divinité. La rencontre entre Kurtz et Willard est un grand moment, les dialogues sont d'une intensité incroyable, on est complètement captivé lorsque le colonel Kurtz se dévoile, cet homme qui est allé trop loin, qui en a trop vu... En conclusion Apocalypse Now est un film noir, étouffant, extrême qui vous propose d'assister à un voyage au bout de l'enfer, jusque dans l'inconscient de ces hommes brisés par la guerre du Viet Nam. Un film à voir absolument.
9.5/10 Une oeuvre majeure du cinéma contemporain; à la fois pertinent sur le fond et la forme Coppola nous propose un véritable chef d'oeuvre.

Brando est réellement au top, on sent qu'il est allé très loin dans l'interprétation
08 février 2009
The Curious Case Of Benjamin Button
Un film américain de David Fincher avec Brad Pitt, Cate Blanchett, Tilda Swinton et Julia Ormond
Genre : Fantastique - Durée : 2H35 mn
Pour moi l'attente d'un nouveau film de David Fincher pourrait être comparée à celle d'un enfant pour Noël. Pour "The Curious Case Of Benjamin Button" cela était d'autant plus vrai que la bande annonce était assez incroyable. Je nourrissais le secret espoir que ce film pourrait détrôner ma référence absolue que l'on doit également à David Fincher. Malheureusement ce n'est pas le cas mais ce film rentre tout de même directement dans mon top 10. L'histoire commence en 1918 à la Nouvelle Orléans, Benjamin Button naît le soir de la célébration de la fin de la première guerre mondiale. Sa mère meurt en couche et son père réalise que Benjamin a une particularité physique inquiétante, en effet ce dernier est ridé comme un vieillard. Son père décide de l'abandonner et le dépose sur le porche d'une maison de retraite où il sera recueilli par la bienveillante Queenie...
Après Zodiac qui avait plutôt divisé l'opinion, Fincher revient avec un film au capital sympathie bien plus important. Il aurait été facile avec une histoire aussi forte de négliger un peu l'aspect esthétique de la réalisation. Et bien détrompez vous, The curious Case of Benjamin Button est l'un des films les plus aboutis que j'ai vu en terme de réalisation. David Fincher expose un savoir faire impressionnant et les 2h45 du film sont une succession de prouesses visuelles sur les visages, les corps ainsi que sur les décors à couper le souffle. Aucun risque n'a été pris en ce qui concerne le casting avec le duo Pitt/Blanchett, certainement deux des meilleurs acteurs du monde actuellement. Brad Pitt est époustouflant comme à son habitude et Cate Blanchett n'a pas à rougir, il fallait le dire même si tout le monde s'y attendait.
The Curious Case Of Benjamin Button est un film difficile, en effet il est possible avec ce genre d'histoires de tomber dans le cliché et le prévisible. Fincher parvient à transcender cet aspect grâce à un souffle poétique et philosophique, une réflection profonde sur la vie humaine. La construction de film est parfaite et l'émotion monte crescendo pour arriver à son paroxysme dans les dernières minutes du film. Certes ce n'est pas une émotion brute qui vous prend aux tripes comme pour The Wrestler mais une sensation plus diffuse qui s'amplifie tout au long des 2h45 et qui vous tirera certainement une larme au final. Quelques scènes resteront au panthéon du cinéma et je pense tout particulièrement à cette dernière séquence bouleversante, le regard de ce nouveau né... magnifique...
9,5/10 deux films comme "The Wrestler" et "Benjamin Button" à deux semaine d'intervalle, quelle belle période pour le cinéma. En tout cas un film qui tient toutes ses promesses, à voir absolument.

Fincher offre à Brad Pitt un aperçu ultra réaliste de son apparence dans 30 ans
05 février 2009
The Wrestler
Un film américain de Darren Aronofski avec Mickey Rourke, Marisa Tomei, Evan Rachel Wood, Judah Friedlander et Ajay Naidu
Genre: Drame - Durée: 1h45 mn
Voici LE film de ce début d'année, sorti un peu de nulle part puisque je l'ai découvert lors de sa victoire au festival de Venise, The Wrestler est vite devenu une priorité sur ma liste de films à voir. Alors que je misais tout sur Benjamin Button (critique à venir dans les prochains jours), les critiques et les récompenses m'ont fait revoir un peu mes priorités. Si l'on ajoute à cela le nom de Darren Aronofsky, le génial réalisateur de Requiem For a Dream, Pi et The Fountain, il est difficile de ne pas se laisser tenter. Le film raconte l'histoire de Randy "The Ram" Robinson, un catcheur professionnel sur le déclin qui se retrouve au fil des années dans la misère et la solitude. Un accident cardiaque lors d'un combat va le pousser à se rapprocher de sa fille qu'il avait délaissé pendant des années...
Darren Aronofsky est vraiment incroyable, quelque soit le thème abordé il y a une constante, l'authenticité et la sincérité. La réalisation est impressionnante de sobriété et de maîtrise, elle m'a rappelé par certains aspects celle des frères Dardennes avec le Silence De Lorna. Ce qui est frappant c'est l'adaptation au sujet abordé, Aronofsky réalise un drame pur et dur, la bande son est bouleversante et que dire du jeu d'acteur. Mickey Rourke interprète LE rôle de sa carrière et donne à ce vieux catcheur un peu pathétique une crédibilité insoupçonnée. Marisa Tomei et Evan Rachel Wood ne sont pas en reste et donnent magnifiquement la réplique à Mickey Rourke.
The Wrestler est un film rare, un film qui sans raconter de faits exceptionnels captive le spectateur. Beaucoup de personnes à qui j'ai parlé du film m'ont dit "Je ne suis pas vraiment fan du milieu du catch". Et bien moi non plus mais ne vous inquiétez pas, le film va bien au delà. Alors certes il y a des combats et du sang mais cet univers peuplé de rustres peu raffinés est au final très attachant. Le réel intérêt du film se trouve tout à fait ailleurs, le destin de ce vieux catcheur un peu pathétique est bouleversant, son accident cardiaque, sa relation avec sa fille, cette strip teaseuse dont il tombe amoureux, tout ceci est poignant. Je n'avais pas été autant ému par un film depuis Philadelphia. Et que dire de la fin ? Ce dernier plan d'une intensité incroyable, cette solitude, tragique...
9,5/10 Un film bouleversant, magnifique, à voir absolument.































