29 septembre 2009
L'Armée du Crime
Un film français de Robert Guédiguian avec Simon Abkarian, Virginie Ledoyen, et Robinson Stévenin
Genre : Drame - Durée : 2H19 mn
En ces temps d'abondance cinématographique il est de plus en plus dur de faire un choix. L'Armée du Crime s'est imposé à moi naturellement avec un thème passionnant et un réalisateur que j'affectionne. Faisant fis des mauvaises critiques je découvrais le nouveau Guédiguian, un an seulement après la sortie de Lady Jane. L'histoire se déroule à Paris en 1944, Missak Manouchian un poète arménien est arrêté et enfermé dans un camp avec d'autres intellectuels étrangers. A sa sortie il va prendre la tête d'un groupe de jeunes idéalistes d'origines diverses déterminés à harceler l'occupant Nazi grâce à des actions d'éclat...
Autant le dire tout de suite je n'ai pas été sensible à la réalisation de Guédiguian.Ce dernier nous avait habitué à beaucoup mieux et manque un peu d'inspiration à mon avis. Ainsi certaines scènes tournent au cliché et plombent un peu l'ambiance. De plus le début du film est brouillon et il faut du temps pour rentrer complètement dans l'histoire. Le casting est plutôt inégal avec un Simon Abkarian excellent ainsi que Robinson Stévenin mais une Virginie Ledoyen qui ne m'a pas convaincu avec un jeu plat et sans nuances. Jean-Pierre Darroussin est assez surprenant avec un rôle à contre emploi qui tranche radicalement avec sa précédente filmographie.
L'Armée du Crime est un film historique et peu d'entre eux peuvent se targuer d'évoquer des évènements aussi peu connus et intéressants. Le scénario, même s'il ne colle pas parfaitement à l'histoire (Guédiguian l'avoue lui-même à la fin du film) est très convaincant et nous permet de découvrir le cheminement intellectuel des ces jeunes idéalistes, véritables symboles de la résistance parisienne. Certaines scènes sortent du lot et permettent de découvrir la France collaborationniste comme jamais auparavant. La dureté de certains passages entraîne une prise de conscience et l'on se rend compte à quel point le gouvernement français est allé loin dans sa collaboration avec l'ennemi. Les dernières minutes du film sont très dures et l'émotion vous submerge. Au final Guédiguian réalise un film essentiel mais maladroit dans sa forme. A voir absolument pour le côté historique passionnant.
6,5/10 Une réalisation qui pénalise un film au potentiel immense. A voir quoi qu'il en soit.

Une réalisation sans grande originalité...
23 septembre 2009
District 9
Un film sud-africain de Neill Blomkamp avec Sharlto Copley, David James, et Jason Cope
Genre : Science-Fiction - Durée : 1H50 mn
Voici déjà quelques temps que l'on entend parler de cet ovni cinématographique, j'ai nommé District 9. Produit par Peter Jackson et mis en scène par un réalisateur sud-africain inconnu, le film a su créer le Buzz sur internet grâce à son originalité tant sur le fond que sur la forme. J'ai donc enfin découvert cette petite bombe venue de l'hémisphère sud. L'histoire se déroule de nos jours à Johannesburg, cela fait 20 ans que les extraterrestres ont débarqué, plutôt pacifistes et n'ayant nulle part où aller ils sont parqués dans un bidonville d'où ils ne peuvent pas sortir...
Neill Blomkamp réalise un film très original avec un aspect documentaire prépondérant assaisonné d'images d'archives et de tournage plus conventionnel. Les premières minutes du film font d'ailleurs penser à un vrai documentaire. Le parti pris est ultra dynamique avec des images filmées caméra au poing pour une immersion maximum. Les effets spéciaux qui ont pourtant été produits avec un budget restreint donnent un rendu incroyable et très réaliste en utilisant peu les images de synthèse. Les "crevettes" sont notamment très réussies. Les bruitages ne vous laisseront pas indifférent, l'on en prend plein les oreilles dans la grande salle d'un multiplex. Le Casting est inédit avec des acteurs inconnus, Sharlto Copley porte le film avec le charisme des plus grands et propose une évolution intéressante de son personnage.
District 9 est une expérience cinématographique inédite; un savant mélange entre action, humour, gore et pure SF. Le film est ultra immersif et l'on ne s'ennuie jamais. Le scénario est plutôt banal mais réussi, même si certaines scènes auraient mérité un approfondissement afin d'être plus crédibles. Je pense notamment à l'évasion un peu facile du bâtiment de la MNU. A part ça pas grand chose à redire sur la forme qui, pour un premier film, est impressionnante. Ne soyez pas rebuté par l'aspect science fiction qui est largement atténué par l'humour noir et la problématique soulevée par le film. Véritable allégorie de la société sud-africaine des années 80 il propose d'examiner un racisme virulent à l'encontre d'une espèce extra terrestre pas forcément hostile. Et c'est là aussi que Neill Blomkamp se démarque de ce qui a déjà été fait. Les "crevettes" ne sont pas ici pour détruire l'espèce humaine mais pour trouver refuge. En proposant des extraterrestres aux "valeurs" différentes il dépoussière le concept du martien buté n'obéissant qu'à une logique de destruction. Certes on peut constater quelques petites imperfections de jeunesse et bien sûr certains seront choqués par l'extrême violence omniprésente. En tout cas si vous êtes bon client de ce genre de productions alors l'humour, les effets spéciaux et l'action débridée vous feront passer un pur moment de divertissement.
8/10 Un premier film très réussi qui porte la griffe des grands réalisateurs, Neill Blomkamp est à surveiller de près.

Des effets spéciaux d'un esthétisme rare
12 septembre 2009
A Deriva
Un film brésilien de Heitor Dhalia avec Vincent Cassel, Debora Bloch, et Laura Neiva
Genre : Drame - Durée : 1H43 mn
Sélectionné au dernier festival de Cannes, ce premier film d'Heitor Dhalia était surtout l'occasion pour moi de découvrir Vincent Cassel dans un rôle à contre emploi et dans une langue inédite qu'il maîtrise parfaitement: le portugais. Un an après l'excellent diptyque Mesrine on retrouve Monsieur Cassel en père de famille portugais dans la tourmente. En effet son mariage bat de l'aile et sa situation familiale se dégrade. Mais A Deriva c'est d'abord l'histoire de sa fille Filipa, une adolescente de 14 ans en vacances avec sa famille au bord de la mer et qui va découvrir les secrets de ses parents tout en faisant ses premiers pas dans la vie d'adulte...
Le scénario étant plutôt banal, Heitor Dhalia mise tout sur la réalisation et le moins que l'on puisse dire c'est que le résultat est concluant. Le réalisateur brésilien alterne entre gros plans et plans larges et démontre un sens certain de l'esthétisme. Les teintes sépia utilisées collent parfaitement avec l'ambiance soirée d'été que distille le cinéaste. Et puis bien sûr il y a l'océan, filmé sous toutes les coutures Monsieur Dhalia nous en met plein la vue avec des plans d'une finesse inégalée.
On pourrait croire que Vincent Cassel est le personnage principal. Et même si ce dernier nous propose une superbe interprétation de Mathias, c'est bien Laura Neiva qui tient la vedette. Cette jeune actrice brésilienne dont c'est le premier film est tout simplement bluffante. Elle propose une interprétation de Filipa intelligente et toute en nuances. Un vraie révélation dont on entendra certainement parler dans un futur proche.
A Deriva est classé dans la catégorie "Drame". Pour ma part, je l'ai ressenti comme une chronique familiale à mi chemin entre le mélo et la contemplation pure. Le film est sans surprises et pourtant Heitor Dhalia nous hypnotise, on s'ennuie rarement et les quelques longueurs sont bien camouflées par les paysages magnifiques de la côte brésilienne. Le film est donc très agréable mais pas exempt de défauts. En effet le côté contemplatif peut être assez agaçant par moments; de plus le scénario tourne pas mal autour du pot pour un résultat assez discutable. Le film est sentimental, esthétique mais le "voyage initiatique" de Filipa est un peu trop fade et aseptisé si bien que l'émotion peine un peu à prendre le dessus. Certes la pudeur ambiante est très agréable mais on a l'impression que le réalisateur se repose dessus pour camoufler les lacunes du scénario. Au final A Deriva est assez intéressant pour un premier film et vous promet un voyage dépaysant dans la moiteur d'une soirée d'été brésilien. A voir en VO pour profiter de cette merveilleuse langue qu'est le portugais.
7/10 Un film esthétique et sentimental qui vous fera passer un moment agréable même si son scénario un peu léger l'empêche d'atteindre l'excellence.

Laura Neiva est la révélation de ce film, son charisme et son physique sculptural lui promettent une belle carrière
06 septembre 2009
Un Prophète
Un film français de Jacques Audiard avec Tahar Rahim, Niels Arestrup, et Adel Bencherif
Genre : Policier - Durée : 2H30 mn
Deux jours après avoir revu l'excellent "De Battre Mon Coeur s'est Arrêté" rediffusé sur Arte, je découvrais la sensation cinématographique de cette fin d'été, la nouvelle réalisation de Jacques Audiard. Encensé par la critique, j'étais très impatient de découvrir le nouveau film de ce réalisateur si talentueux. Le film raconte l'histoire de Malik, un jeune homme de 19 ans condamné à 6 ans de prison. Illettré et chétif il va devoir faire beaucoup d'efforts et passer par des épreuves pénibles pour faire sa place dans cet univers impitoyable...
Jacques Audiard réalise un film sombre et étouffant, la mise en scène est ultra réaliste et nous plonge directement au milieu de l'univers carcéral français. Le scénario est très intéressant et nous propose de suivre l'ascension du Jeune Malik, véritable autodidacte du banditisme qui gravit les échelons grâce à son intelligence et son habileté dans les rapports humains. Tahar Rahim qui sort un peu de nulle part est la grande révélation de ce film et nous propose une interprétation tout simplement géniale de Malik, son naturel est vraiment bluffant et son duo avec Niels Arestrup fonctionne à merveille.
Un Prophète est un film français comme on en voit rarement, véritable oasis au milieu d'un désert de médiocrité il entraîne le spectateur dans les bas fonds d'une prison de la région parisienne avec une maestria digne des plus grands. Dès les premières minutes du film on est prit à la gorge, on étouffe, l'atmosphère est tendue et le spectateur est instantanément captivé par l'ambiance et le charisme de Tahar Rahim. Jacques Audiard nous propose de suivre le quotidien d'un détenu français avec les codes qu'il doit respecter, les combines possibles pour améliorer son quotidien, le racisme, la corruption et les clans. L'ascension de Malik est un vrai régal et rend son personnage attachant. Le film est long mais l'on ne s'ennuie jamais et l'on en redemande même. La fin est quant à elle le seul point discutable du film, en effet on s'attend à un dénouement tragique qui se transforme petit à petit en une happy end à la morale plus que douteuse et dérangeante à cause des émotions qu'elle suscite. Je ne sais pas si Audiard l'a réalisée dans cette optique mais elle me laisse une impression en demie teinte. Enfin cela n'est qu'un détail et ne vient aucunement gâcher ce film qui fait honneur au cinéma français. Jacques Audiard réalise certainement LE film de sa carrière et s'impose comme le meilleur réalisateur français en activité.
9/10 Désolé de paraphraser Première mais "Jacques Audiard est grand"

Tahar Rahim irradie le film de son talent, une belle découverte
03 septembre 2009
Inception
Un an après la sortie de The Dark Knight qui fut l'un des gros choc cinématographique de l'année 2008, l'excellent Christopher Nolan revient avec un thriller de science fiction au titre et à la bande annonce énigmatiques. On retrouve au Casting l'omniprésent Leonardo Di Caprio, véritable boulimique de films qui sera également à l'affiche du nouveau Scorsese. Mais également Marion Cotillard qui a définitivement fait son trou à Hollywood. Le "trailer" est assez particulier mais laisse présager un grand spectacle. Même si l'on ne sait pas trop où Nolan veut en venir on peut lui faire confiance et le résultat devrait être assez intéressant.
Inception: Sortie le 4 août 2010













