22 août 2009
Inglorious Basterds
Un film américain de Quentin Tarantino avec Brad Pitt, Mélanie Laurent, Christoph Waltz, Eli Roth, Diane Kruger et Daniel Bruhl
Genre : Action - Durée : 2H28 mn
Décidément cet été 2009 est un vrai régal pour les cinéphiles, après "Whatever Works", "Public Enemies" et "The Reader" on peut dire qu'il y en a eu pour tous les goûts! Mais c'était sans compter avec le nouveau film de l'enfant terrible du cinéma, Quentin Tarantino ! Après un "Boulevard de la Mort" qui avait divisé, le réalisateur de Pulp Fiction revient avec un film au thème plutôt inattendu, la seconde guerre mondiale. L'histoire se déroule en 1940, un fermier français reçoit la visite d'un colonel nazi car il est suspecté de cacher une famille juive chez lui, après un face à face très tendu le fermier craque et la famille juive est massacrée, la jeune Shosanna réussit miraculeusement à s'en sortir indemne et refera surface quatre ans plus tard...
Que dire de la réalisation ? Et bien Quentin Tarantino nous propose du "pur Tarantino", et on ne va pas s'en plaindre ! Le cinéaste alterne comme à son habitude de longues scènes proposant des dialogues ultra travaillés et captivants avec des scènes d'action brutales et vraiment jouissives. La violence est omniprésente et parfois vraiment insoutenable. Je ne crois pas que Tarantino soit déjà allé aussi loin. Mais en même temps le thème s'y prête bien. Le casting parle de lui même avec une brochette d'acteurs incroyables qui nous proposent tous une interprétation de grande qualité. Deux d'entre eux ont particulièrement retenu mon attention, tout d'abord Christoph Waltz que l'on découvre et qui est très impressionnant dans son interprétation du Colonel Nazi Hans Landa, il a en tout cas amplement mérité son prix d'interprétation à Cannes. Ensuite j'aimerais parler de Mélanie Laurent, cette jeune actrice qui avait percé grâce à "Je vais bien ne t'en fais pas" crève l'écran. Son charisme et sa beauté presque irréelle captivent le spectateur. Lors de ses nombreuses apparitions l'on ne voit qu'elle, son interprétation de Shosanna restera longtemps dans les mémoires.
Inglorious Basterds est une oeuvre inclassable; comme dans tous ses films Tarantino mélange savamment les genres avec maestria et des références toujours plus nombreuses et impressionnantes. Les dialogues abondants et les longues tirades sont un véritable bonheur,Tarantino est toujours aussi incisif et drôle dans son écriture. Il est également important de noter que le film n'est pas doublé (dans sa version originale) et que chaque protagoniste parle sa langue natale lorsque la situation s'y prête. Ainsi une bonne moitié du film est en français, le reste en anglais et en allemand, du jamais vu pour un film américain, mais le résultat est tellement plus crédible !
Le scénario d'Inglorious Basterds peut paraître un peu désuet mais sa légèreté et les libertés prises par Tarantino sur le déroulement de la seconde guerre mondiale ne choquent jamais. On sent que le réalisateur veut surprendre, mais pas seulement, sa mise en scène de la chute du troisième Reich est révélatrice d'une déception sur le dénouement réel du conflit. Ainsi la mort violente du "Führer" de la main d'un juif est (selon moi) une manière d'exorciser la frustration sur la mort réelle d'Hitler qui s'est suicidé avant d'avoir à répondre de ses actes. Au final Inglorious Basterds est un grand film dont les quelques défauts, notamment au niveau de la longueur de certains passages, sont complètement éclipsés par une inspiration et une maîtrise qui font de Tarantino un réalisateur à part et un immense cinéaste.
9,5/10 Ne tenez pas compte de certaines critiques complètement à côté de la plaque, ce film est tout simplement génial.
20 août 2009
Avatar
J'ai l'honneur de vous présenter la bande annonce de "LA grosse claque" cinématographique de l'année, et peut être même de la décennie, j'ai nommé Avatar. Elle aura été longue cette attente, dix ans après Titanic, l'un des plus grands réalisateur américain revient avec un projet ultra ambitieux au budget pharaonique de 300 millions de dollars. Quel intérêt me direz-vous ? Et bien James Cameron a créé un monde de toute pièce, la planète Pandorra entièrement modélisée avec, vous allez le constater dans la bande annonce ci-dessous, un rendu photo réaliste. On retrouve au casting Sam Worthington que l'on avait découvert dans T4 et Sigourney Weaver qui retrouve Ridley Scott presque 30 an après Alien. L'histoire est encore un peu floue, en effet il s'agirait d'un conflit galactique entre les humains et une race extraterrestre, la clé de l'histoire étant une technique développée par les humains pour réhabiliter les soldats mutilés grâce à des corps de substitution. Quoi qu'il en soit ce "trailer" annonce la couleur avec des images vraiment impressionnantes, vivement le 16 décembre mais d'ici là vous entendrez certainement à nouveau parler d'Avatar sur le Cinéblog.
Avatar: Sortie le 16 décembre 2009
16 août 2009
Hunger
Un film britannique de Steve McQueen avec Michael Fassbender, Liam Cunningham, Stuart Graham
Genre : Drame - Durée : 1H40 mn
Steve McQueen, un réalisateur britannique inconnu à ne pas confondre avec le célèbre acteur américain à créé l'évènement à Cannes en 2008 avec son premier film, Hunger. En effet il avait surpris tout le monde avec cette oeuvre noire et incroyablement mature pour un si jeune réalisateur et avait obtenu la caméra d'or. Le film raconte l'histoire du groupe de prisonniers politiques de l'IRA retenus à la prisons de Maze en Irlande du Nord en 1981. Ne se considérants pas comme des prisonniers conventionnels ils décident d'entamer une grève de l'hygiène connue sous le nom de "Blanket and No-Wash Protest". Cette dernière ne donnant aucun résultat, le leader du groupe nommé Bobby Sands lance l'idée d'une nouvelle grève de la faim...
Hunger est un film noir, tendu et éprouvant. Le spectateur est plongé dans le quotidien de prisonniers politiques déterminés vivant un véritable enfer dans une prison où les gardiens enchaînent brimades et humiliations à leur encontre. Steve McQueen construit son film très habilement afin d'éviter toute position trop tranchée, ainsi on commence le film avec le point de vue des gardiens pour enchaîner après 30 minutes avec celui des prisonniers. Le casting se compose d'une belle troupe de jeunes acteurs très prometteurs comme Michael Fassbender que l'on retrouvera dans Inglorious Basterds mercredi prochain et qui réalise une véritable prouesse d'acteur. Les autres sont également brillants et enchaînent les scènes extrêmement difficiles avec une constance impressionnante. Le plus marquant étant leur transformation physique tout au long du film qui a du demander de gros sacrifices.
Hunger est un film sans concessions, aucune atrocité n'est épargnée au spectateur qui peut se faire un idée très réaliste de ce qu'ont subit ces jeunes hommes. Le réalisme est poussé à son paroxysme et certaines scènes sont de véritables épreuves. Steve McQueen nous propose un film contemplatif avec très peu de dialogues mais des images choc qui sont beaucoup plus efficaces pour un sujet comme celui-ci. Inspiré de faits réels engendrés par la politique de Margaret Thatcher dans les années 80 ce film permet de découvrir un aspect de l'histoire irlandaise que la couronne a longtemps minimisé, on découvre ainsi très objectivement les faits puisque Steve McQueen ne prend jamais parti. Certaines scènes sont de véritables perles comme ce face à face entre Bobby et un ecclésiastiques de Belfast. Les dernières minutes du film sont très émouvantes et Michael Fassbender innonde le spectateur de son talent et de son charisme. Au final Hunger est un film très dur, parfois insoutenable mais essentiel.
9/10 Pour son premier film Steve McQueen frappe un grand coup en réalisant une oeuvre marquante qui brille par son engagement et sa maîtrise du sujet abordé.

une discussion très agréable et intéressante qui donne un peu de répit au spectateur
12 août 2009
Shutter Island
Trois ans après Les Infiltrés et seulement un an après Shine a Light voici revenir Martin Scorsese avec un thriller pour le moins prometteur. La bande annonce est plutôt flippante et ce thriller pourrait bien avoir des accents de film d'horreur avec bien sûr un suspens digne du maître Scorsese. Le Casting est impressionnant avec l'éternel Leonardo Di Caprio qui se bonifie avec l'âge, mais aussi l'excellent Mark Ruffalo et aussi Ben Kingsley. Plus que deux mois avant la sortie.
Shutter Island: Sortie le 14 octobre 2009
09 août 2009
Whatever Works
Un film américain de Woody Allen avec Evan Rachel Wood, Larry David, Michael McKean, Patricia Clarkson, Ed Begley. Jr, et Henry Cavill
Genre : Comédie - Durée : 1H32 mn
Si la crise économique fait rage en ce moment, le moins que l'on puisse dire c'est que l'été 2009 n'aura pas connu de crise en matière de cinéma. En effet après le génial Public Enemies et l'excellent The Reader voici la nouvelle réalisation de Woody Allen qui marque son retour à la comédie New Yorkaise. Woody Allen c'est une filmographie longue comme le bras comprenant de véritables perles comme Match Point, Maudite Aphrodite ou Celibrity (j'en passe et des meilleurs) avec toujours une constante, un humour cynique et incisif et des dialogues légendaires. Whatever Works ne déroge pas à la règle avec en plus New York en toile de fond, une ville qui, on le sait est chère au coeur de Monsieur Allen. Le film raconte l'histoire de Boris Yellnikoff, un professeur de physique à la retraite divorcé et suicidaire qui fait la rencontre de Melody, une jeune provinciale naïve qui va s'inviter chez lui et prendre une grande place dans sa vie...
Woody Allen réalise un film comme lui seul en a le secret, une comédie intelligente et atypique dans le cadre si particulier et intéressant de New York. Le scénario est une véritable perle ainsi que les dialogues très travaillés qui hypnotisent littéralement le spectateur. De plus la relation qui se construit entre Boris et le public est un véritable régal que l'on doit à la narration directe si particulière et vraiment parfaitement pensée.
Evan Rachel Wood est méconnaissable en jeune provinciale débarquant à New York avec des rêves plein la tête. La transformation de son personnage tout au long de l'histoire est également remarquable. Quant à Larry David c'est bien à lui que l'on doit la plus grosse performance. Son interprétation de ce professeur de physique à la retraite, misanthrope et un brin mégalomane est un régal.
Whatever Works est un film qui captive le spectateur d'entrée, à voir en VO pour un maximum de crédibilité, les dialogues sont la véritable force de cette réalisation. Les longues tirades de Boris qui à un avis tranché sur tous les sujets sont épatantes, tantôt cynique, tantôt provocateur il vous fera éclater de rire plus d'une fois par ses réactions décalées et inattendues. Sa relation avec Melody même si elle peut sembler du domaine de la science fiction donne lieu à de véritable moments d'anthologie comme lorsque cette dernière lui raconte sa première expérience sexuelle. Le film explore également les relations de couple et leurs conséquences avec toujours la même morale "Pourvu que ça fonctionne". La fin du film est par contre un peu décevante car très prévisible et un peu cliché mais aux vues de la qualité des 80 premières minutes on n'en tiendra pas rigueur à Woody Allen. Au final Whatever Works est un film vraiment hilarant qui vous fera passer un très bon moment et vous mettra de bonne humeur à coup sûr.
8.5/10 Un excellent divertissement, à 73 ans Woody Allen est encore au top.

Un duo plutôt inattendu mais qui fonctionne à merveille.
06 août 2009
The Reader
Un film américain et allemand de Stephen Daldry avec Kate Winslet, Ralph Fiennes, et David Kross
Genre : Drame - Durée : 2H03 mn
En cette période estivale assez prolifique en bons films il m'est difficile de faire des choix, mais celui là s'est imposé à moi comme un incontournable. Stephen Daldry est un réalisateur peu connu mais à qui l'on doit déjà Billy Elliot et The Hours. Le revoilà 6 ans après avec The Reader, un drame adapté du roman éponyme de Bernhard Schlink qui aborde le sujet de la culpabilité allemande concernant la seconde guerre mondiale. Allemagne de l'ouest hiver 1958, le jeune Michael Berg fait la connaissance d'Hannah, une femme de vingt ans son aîné dont il devient l'amant. Il la perd de vue à la fin d'un été de passion mais la retrouvera bien des années plus tard dans des circonstances particulières...
Stephen Daldry réalise un film particulier, le parti pris est plutôt contemplatif avec des prises de vue tout en retenue. On peut prendre en exemple les scènes d'amour entre Michael et Hannah qui sont filmées avec une pudeur et un esthétisme qui ne laisse pourtant aucun doute quant à la passion dévorante qui les anime. On retrouve au casting un belle brochette d'acteurs. Tout d'abord Kate Winslet qui a reçu l'Oscar de la meilleure actrice pour le rôle d'Hannah (Oscar amplement mérité à mon avis), Ralph Fiennes que l'on a connu meilleur mais qui s'en sort tout de même avec les honneurs et enfin David Kross qui nous propose une interprétation magnifique de Michael jeune. Ce dernier est tellement bon que j'aurais préféré qu'il garde son rôle tout au long du film quitte à avoir recours aux effets spéciaux pour le vieillissement.
The Reader est un film de fond qui soulève beaucoup de questions principalement sur la culpabilité et sur la propension à pardonner sur des sujets aussi graves que le génocide juif. Stephen Daldry n'est pas manichéen et nous expose des faits, nous laissant nous faire notre propre opinion sur la question. Ainsi alors que la première partie du film est assez légère et fait bien entrer le spectateur dans l'histoire, la deuxième partie propose clairement une réflexion. L'émotion est omniprésente dans la dernière heure et monte crescendo jusqu'au dénouement qui vient libérer le spectateur. La dernière scène du film insiste une dernière fois sur le malaise qui réside en chacun de nous face au dilemme de Michael, un dénouement vraiment habile qui laisse le spectateur un peu confus. Bravo Monsieur Daldry.
9/10 Un film mélangeant habilement fond et forme. A voir absolument ne serait ce que pour le côté historique et la réflexion vraiment utile qu'il déclenche.
Lien vers la critique du roman de Bernhard Schlink

David Kross est la révélation de ce film
02 août 2009
L'Attaque du métro 123
Un film américain de Tony Scott avec Denzel Washington, John Travolta, et Luis Guzman
Genre : Action - Durée : 1H45 mn
Tony Scott c'est une filmographie pour le moins inégale. Avec le chef d'oeuvre Man On Fire, les très bons Enemi d'Etat, USS Alabama et True Romance et tout le reste pas vraiment extraordinaire. Et bien l'Attaque du métro 123 ne rentre dans aucune de ces catégories. C'est un jour comme les autres pour Walter Garber, un aiguilleur du métro de New York, cependant un appel un peu inhabituel va venir chambouler sa journée, en effet une bande armée vient de prendre les passagers d'une rame de métro en otage et demande 10 millions de dollars pour les relâcher...
Tony Scott reprend des éléments de réalisation de Man On Fire et de Domino, l'image instable, les accélérations brusques, le style nerveux, mais le résultat est beaucoup moins réussi. On dirait que Monsieur Scott essaye de masquer un manque flagrant d'inspiration en utilisant de vieilles recettes qui furent excellentes en leur temps mais qui ne collent vraiment pas avec le sujet. Le Casting laissait pourtant présager du meilleur, Denzel Washington que je trouve extrêmement talentueux d'habitude n'est que l'ombre de lui même et John Travolta tombe dans la caricature en nous livrant un Ryder sans nuances et sans charisme.
L'Attaque du métro 123 est un film sans âme, le scénario est anecdotique et la psychologie des personnages n'est que survolée. Les premières minutes du film sont les seules à captiver un tant soit peu le spectateur. Le reste n'est qu'une succession de lieux communs prévisibles. De plus un nombre d'invraisemblances incroyable vient polluer un contenu déjà extrêmement faible. Difficile d'en sélectionner une dans le lot, je retiendrais toutefois la bourde d'un des tireurs d'élite de la police qui, mordu par un rat dérape sur sa gâchette et abat accidentellement un preneur d'otage. De plus on sent que Tony Scott a simplifié le film au maximum, notamment dans sa gestion lamentable de l'espace. Ainsi on se retrouve devant des coïncidences invraisemblables et on entend les gens rires dans la salle. Au final L'Attaque du métro 123 est un film sans réel intérêt, bâclé et qui fait honte au talent de Tony Scott.
2/10 Passez votre chemin.



















