22 février 2009
Les Faussaires
Un film allemand et autrichien de Stefan Ruzowitzky avec Karl Markovics, August Diehl, Devid Striesow, Sebastian Urzendowsky, Andreas Schmidt, Tilo Pruckner et Veit Stubner
Genre : Drame - Durée : 1H38 mn
J'ai réellement découvert le cinéma allemand à l'université, j'ai eu la chance de voir le merveilleux film de Fatih Akin "Contre Le Mur", depuis j'ai énormément d'affection pour le cinéma d'outre Rhin. Cela m'a permis de découvrir de merveilleux films comme "De l'Autre Côté", "Goodbye Lenin" et surtout l'incroyable "La Vie Des Autres". Cette fois c'est un film moins connu qui a attiré mon attention, les faussaires de Stefan Ruzowitzky à qui l'on doit le dyptique "Anatomie 1&2". L'histoire se déroule en 1936, Salomon Sorowitsch, un brillant faussaire de Berlin se fait arrêter par la Gestapo suite à une dénonciation. Il est envoyé dans le camp de Mathausen puis transféré dans celui Sachsenhausen où ses talents de faussaire vont l'entraîner au coeur de l'opération Bernhard...
Les Faussaires est construit comme un flashback, Salomon Sorowitsch est assis sur une plage de Monaco et se souvient de ses années passées dans les camps, le récit est ensuite chronologique et nous emmène du Berlin des années 30 aux camps de concentrations avec un réalisme saisissant. L'atmosphère des camps est vraiment terrifiante et je pense que Stefan Rutzowitky ne doit pas être loin de la réalité des choses. Le Casting est constitué d'acteurs que je connais peu, voire pas du tout, mais toute la troupe montre de grandes compétences. La musique de Marius Ruhland est une merveille, sobre et discrète celle-ci m'a fait beaucoup d'effet.
Les Faussaires est tiré d'une histoire vraie, en effet l'opération Bernhard a bien existé et avait pour but de créer des copies de la Livre Sterling et du dollar afin d'en inonder le marché, financer les dépenses allemandes et ainsi entraîner la faillite des deux superpuissances américaine et britannique. Le film montre parfaitement le déroulement des opérations et le cas de conscience des participants, tiraillés entre l'envie de survivre et la culpabilité d'aider l'ennemi à triompher. Il faut en plus rajouter le traitement de faveur qu'ils recevaient par rapport aux autres prisonniers qui vivaient dans des conditions insupportables. Bref le thème principal du film repose sur cette question: survivre ou lutter ? Le réalisateur ne prend pas partie, se contentant de retranscrire le réçit de deux survivants et nous offre une fin assez fataliste qui ne m'a pas rebuté mais un peu déconcerté. A part ça, pas grand chose à reprocher à ce film fort, révoltant et qui dépeint parfaitement une période cruciale de notre histoire.
8,5/10 Un film très intéressant qui nous expose des faits peu connus de la seconde guerre mondiale et nous donne une vision ultra réaliste des camps.

Une reconstitution des camps vraiment saisissante, certaines scènes font vraiment froid dans le dos
15 février 2009
Southland Tales

Un film américain de Richard Kelly avec Dwayne Douglas Johnson, Sean William Scott, Sarah Michelle Gellar et Justin Timberlake.
Genre: Science Fiction - Durée: 2h24 mn
Aujourd'hui dans le monde du cinéma les "bonnes" surprises sont rares, les films supposés être excellents tiennent parfois leurs promesses, les réalisations au potentiel plus restreint passent un peu à la trappe et c'est pourquoi on ne porte que peu d'attention aux films du genre de Southland Tales. Heureusement pour moi je me rends régulièrement sur l'excellent blog de Moskau, un blog sur lequel j'ai eu la chance de découvrir ce film qui je dois bien l'avouer m'avait complètement échappé. Première surprise le film est signé Richard Kelly, le génial réalisateur de Donnie Darko, il n'en fallait pas plus pour attiser ma curiosité. L'histoire se déroule en 2008 dans une Amérique ayant essuyé une attaque nucléaire, le pays est traumatisé et une paranoïa s'installe auprès de la population. A l'approche d'élections présidentielles d'une importance sans précédent, le gendre du candidat favori est enlevé. Ce dernier réapparaît quelques semaines plus tard, il est amnésique...
La réalisation de cet ovni cinématographique est en demie teinte, les effets spéciaux sont par exemple d'une qualité très faible et les scènes d'action ont parfois un côté un peu kitsch (principalement à la fin du film). Même combat pour le casting qui je dois dire m'a rendu extrêmement sceptique, je ne pense pas que "the Rock" soit le meilleur choix possible pour incarner Boxer Santaros quant à Sean William Scott et Sarah Michelle Gellar, ils montrent rapidement leur limite mais font l'affaire. En revanche sur d'autres secteurs Southland Tales est tout simplement exceptionnel, je commencerais tout d'abord par le scénario absolument génial de ce film, complexe et parfaitement pensé l'histoire de Southland Tales est certainement la plus originale que j'ai vue depuis longtemps. Ajoutons à cela des plans d'une intensité incroyable grâce à une bande son absolument magnifique qui confère au film un véritable souffle poétique.
Southland Tales est un film comme on en voit peu, une véritable bouffée d'air frais, certes imparfaite mais tellement rare que l'on peut facilement lui pardonner ses petits défauts. Richard Kelly arrive à créer une ambiance inédite, une sorte de Los Angeles post apocalyptique dominé par la répression, une atmosphère déjanté en ressort, une sorte de chaos totalitaire. Ajoutez à cela des personnages hauts en couleur tels que Krysta Now ou le Baron Von Westphalen et vous obtenez un film vraiment très original. Quelques scènes sont de vrais bijoux, je prendrais comme exemple celle ou Justin Timberlake commence la narration, la musique, les couleurs et l'intensité de la voix, j'ai rarement vu de scènes aussi intenses... "This is the way the world ends", "This is the way the world ends", "This is the way the world ends"...
9/10 Un film original et vraiment prenant, une superbe surprise, vous auriez tort de passer à côté.

Qui aurait pu imaginer que cette canaille de Stiffler avait le potentiel d'un UPU 2
11 février 2009
Inglorious Basterds
Voila une bande annonce attendue, certainement la plus attendue de l'année, j'étais sur mes gardes depuis le début de la semaine sachant qu'elle allait être disponible sous peu, la voila donc fraîchement sortie. Le Pitch de ce nouveau film de Quentin Tarantino intrigue puisqu'il raconte l'histoire de soldats alliés condamnés à mort qui se verront confier une mission suicide en territoire occupé. Le film a l'air ultra violent, drôle et rock n' roll, du pur Tarantino. Reste à savoir si son style si particulier sera compatible avec un film d'époque comme celui-ci.
Inglorious Basterds : Sortie en octobre 2009
08 février 2009
The Curious Case Of Benjamin Button
Un film américain de David Fincher avec Brad Pitt, Cate Blanchett, Tilda Swinton et Julia Ormond
Genre : Fantastique - Durée : 2H35 mn
Pour moi l'attente d'un nouveau film de David Fincher pourrait être comparée à celle d'un enfant pour Noël. Pour "The Curious Case Of Benjamin Button" cela était d'autant plus vrai que la bande annonce était assez incroyable. Je nourrissais le secret espoir que ce film pourrait détrôner ma référence absolue que l'on doit également à David Fincher. Malheureusement ce n'est pas le cas mais ce film rentre tout de même directement dans mon top 10. L'histoire commence en 1918 à la Nouvelle Orléans, Benjamin Button naît le soir de la célébration de la fin de la première guerre mondiale. Sa mère meurt en couche et son père réalise que Benjamin a une particularité physique inquiétante, en effet ce dernier est ridé comme un vieillard. Son père décide de l'abandonner et le dépose sur le porche d'une maison de retraite où il sera recueilli par la bienveillante Queenie...
Après Zodiac qui avait plutôt divisé l'opinion, Fincher revient avec un film au capital sympathie bien plus important. Il aurait été facile avec une histoire aussi forte de négliger un peu l'aspect esthétique de la réalisation. Et bien détrompez vous, The curious Case of Benjamin Button est l'un des films les plus aboutis que j'ai vu en terme de réalisation. David Fincher expose un savoir faire impressionnant et les 2h45 du film sont une succession de prouesses visuelles sur les visages, les corps ainsi que sur les décors à couper le souffle. Aucun risque n'a été pris en ce qui concerne le casting avec le duo Pitt/Blanchett, certainement deux des meilleurs acteurs du monde actuellement. Brad Pitt est époustouflant comme à son habitude et Cate Blanchett n'a pas à rougir, il fallait le dire même si tout le monde s'y attendait.
The Curious Case Of Benjamin Button est un film difficile, en effet il est possible avec ce genre d'histoires de tomber dans le cliché et le prévisible. Fincher parvient à transcender cet aspect grâce à un souffle poétique et philosophique, une réflection profonde sur la vie humaine. La construction de film est parfaite et l'émotion monte crescendo pour arriver à son paroxysme dans les dernières minutes du film. Certes ce n'est pas une émotion brute qui vous prend aux tripes comme pour The Wrestler mais une sensation plus diffuse qui s'amplifie tout au long des 2h45 et qui vous tirera certainement une larme au final. Quelques scènes resteront au panthéon du cinéma et je pense tout particulièrement à cette dernière séquence bouleversante, le regard de ce nouveau né... magnifique...
9,5/10 deux films comme "The Wrestler" et "Benjamin Button" à deux semaine d'intervalle, quelle belle période pour le cinéma. En tout cas un film qui tient toutes ses promesses, à voir absolument.

Fincher offre à Brad Pitt un aperçu ultra réaliste de son apparence dans 30 ans
05 février 2009
The Wrestler
Un film américain de Darren Aronofski avec Mickey Rourke, Marisa Tomei, Evan Rachel Wood, Judah Friedlander et Ajay Naidu
Genre: Drame - Durée: 1h45 mn
Voici LE film de ce début d'année, sorti un peu de nulle part puisque je l'ai découvert lors de sa victoire au festival de Venise, The Wrestler est vite devenu une priorité sur ma liste de films à voir. Alors que je misais tout sur Benjamin Button (critique à venir dans les prochains jours), les critiques et les récompenses m'ont fait revoir un peu mes priorités. Si l'on ajoute à cela le nom de Darren Aronofsky, le génial réalisateur de Requiem For a Dream, Pi et The Fountain, il est difficile de ne pas se laisser tenter. Le film raconte l'histoire de Randy "The Ram" Robinson, un catcheur professionnel sur le déclin qui se retrouve au fil des années dans la misère et la solitude. Un accident cardiaque lors d'un combat va le pousser à se rapprocher de sa fille qu'il avait délaissé pendant des années...
Darren Aronofsky est vraiment incroyable, quelque soit le thème abordé il y a une constante, l'authenticité et la sincérité. La réalisation est impressionnante de sobriété et de maîtrise, elle m'a rappelé par certains aspects celle des frères Dardennes avec le Silence De Lorna. Ce qui est frappant c'est l'adaptation au sujet abordé, Aronofsky réalise un drame pur et dur, la bande son est bouleversante et que dire du jeu d'acteur. Mickey Rourke interprète LE rôle de sa carrière et donne à ce vieux catcheur un peu pathétique une crédibilité insoupçonnée. Marisa Tomei et Evan Rachel Wood ne sont pas en reste et donnent magnifiquement la réplique à Mickey Rourke.
The Wrestler est un film rare, un film qui sans raconter de faits exceptionnels captive le spectateur. Beaucoup de personnes à qui j'ai parlé du film m'ont dit "Je ne suis pas vraiment fan du milieu du catch". Et bien moi non plus mais ne vous inquiétez pas, le film va bien au delà. Alors certes il y a des combats et du sang mais cet univers peuplé de rustres peu raffinés est au final très attachant. Le réel intérêt du film se trouve tout à fait ailleurs, le destin de ce vieux catcheur un peu pathétique est bouleversant, son accident cardiaque, sa relation avec sa fille, cette strip teaseuse dont il tombe amoureux, tout ceci est poignant. Je n'avais pas été autant ému par un film depuis Philadelphia. Et que dire de la fin ? Ce dernier plan d'une intensité incroyable, cette solitude, tragique...
9,5/10 Un film bouleversant, magnifique, à voir absolument.













