Millenium: Les hommes qui n'aimaient pas les femmes

Un film américain de David Fincher avec Daniel Craig, Rooney Mara, Christopher Plummer et Robin Wright
Genre : Thriller - Durée : 2H38 mn
Vous le savez si vous êtes des fidèles lecteurs du Cinéblog, David Fincher est mon réalisateur favoris. Je suis donc particulièrement intéressé par tout les projets qu'il touche de prêt ou de loin. Ce que vous savez peut être moins c'est que je déteste les remakes, je les trouve inutiles, absurdes et en plus ils concurrencent des productions originales... Un an seulement après l'excellent Social Network, c'est donc avec un certain scepticisme que j'ai découvert le remake de la superbe franchise Millenium. J'avais d'abord été déçu d'apprendre que Fincher allait travailler sur cette histoire que je connaissais très bien, et puis au fur et à mesure que les images sont arrivées, l'excitation de retrouver mon cinéaste fétiche a pris le dessus. Le résultat est en demi-teinte.
Le film raconte l'histoire de Mikael Blomkvist, un journaliste dans la tourmente. Alors qu'il est puni par la justice suédoise et sur le déclin au niveau professionnel, un puissant industriel lui propose d'enquêter sur la disparition, jamais élucidée, de sa nièce Harriet...
David Fincher réalise pour moi un "copié-collé" du métrage original en ajoutant sa patte si particulière et en simplifiant légèrement l'intrigue. Alors certes la réalisation est de grande qualité, et le film est un excellent thriller. Seulement il y a un mais... En effet si comme moi vous avez vu et aimé l'adaptation originale de Niels Arden Oplev, ce remake perd rapidement de son intérêt. Daniel Craig est transparent, Rooney Mara est crédible mais souffre à mon avis de la comparaison avec Noomi Rapace, beaucoup plus dangereuse et réellement habitée par son personnage. La seule amélioration réside selon moi dans la magnifique bande son de Trent Reznor et Atticus Ross qui une fois de plus nous proposent une merveille de BO.
Millenium est un bon film, c'est une chose acquise, cependant il ne m'a pas entièrement convaincu. Peut-être parce qu'il est un peu plus édulcoré ou peut être tout simplement moins crédible en anglais. J'ai du mal à me décider. En tout cas je sais que je suis sorti de la salle beaucoup plus éprouvé avec l'original. Effet de déjà vu? Atmosphère moins malsaine? Difficile à dire... Pour ceux qui découvrent, j'imagine que ce film sera passionnant, malgré quelques longueurs le scénario est en béton et si vous aimez les thrillers bien sordides alors vous serez comblés. Je dois avouer que pour moi l'enthousiasme est plus modéré, j'aurais largement préféré voir David Fincher sur un projet original plutôt que sur ce remake qui n'apporte absolument rien à la franchise... Dommage...
Au final je pense qu'une double notation s'impose:
7/10 Pour ceux qui ont vu l'original
8,5/10 Pour ceux qui découvrent l'univers de Millenium

La prestation de Rooney Mara est bonne mais elle souffre malheureusement de la comparaison avec Noomi Rapace
Warrior

Un film américain de Gavin O'Connor avec Tom Hardy, Joel Edgerton, Nick Nolte et Jennifer Morrison
Genre : Drame - Durée : 2H20 mn
Aujourd'hui je vous propose de découvrir une énorme surprise de l'année 2011. Gavin O'Connor revient trois ans après le moyen "Prix De La Loyauté" avec ce mélo sur l'univers du free fight. Après lecture du synopsis et visionnage de la bande annonce (qui est un vrai massacre) je craignais le pire, en effet l'histoire présageait d'un gros "nanard" basé sur la culture du "bourre pif" et la rivalité entre frangins. Le moins que l'on puisse dire c'est que Gavin O'Connor nous a bien mené en bateau pour au final nous mettre une énorme claque.
Tommy Conlon est un ancien Marine brisé par la vie, après avoir déserté son unité il rentre chez son père, un ancien alcoolique qu'il n'a pas vu depuis des années. Son but est de participer à un grand tournoi de free fight...

Gavin O'Connor réalise un mélo ultra efficace, nerveux et haletant il laisse le spectateur à fleur de peau de la première à la dernière minute. Alors certes, l'histoire n'a sur le papier aucune saveur puisqu'elle est usée jusqu'à la corde. Mais l'intérêt est ailleurs, il se situe dans les rapports entre les personnages, exacerbés par le monde brutal du free fight. La grande force de Warrior est sa simplicité, son émotion brute qui vous prend au tripes. O'Connor réalise un pur film américain mais transcende le ton commercial de rigueur dans ce genre de productions pour insuffler un humaniste sincère et s'inscrire dans la lignée des grands classiques. A noter l'utilisation habile de la musique qui amplifie l'émotion par petites touches sans pour autant sombrer dans le larmoyant. Enfin on retiendra la prestation de Tom Hardy, bluffant en ex-marine écorché vif, sa transformation physique fait froid dans le dos.
Warrior se base sur un schéma simple, deux frères séparés par la vie, un père ancien alcoolique, une mère décédée de manière tragique, des rancunes, une compétition de free fight. J'en entends déjà soupirer, mais attention, Gavin O'Connor arrive à transcender son sujet en nous faisant oublier l'image du "free fighter" que l'on se représente comme un gros "beauf" complètement taré. En effet le sport de combat n'est ici qu'un moyen pour O'Connor de nous amener là où il veut. Il ne glorifie à aucun moment la violence mais s'en sert pour contraster son propos et transmettre une émotion qui vous laissera K.O. Warrior ne nous épargne aucun cliché formel, il frôle même parfois la science fiction pour arriver à ses fins, mais peu importe, la sincérité est là, le film est profondément humain. Les dernières minutes sont incroyables, le frisson arrive en même temps que le magnifique morceau de "The National", il ne me quittera plus jusqu'au générique final. La catharsis est inévitable, libératrice, magnifiquement amenée. Je tiens à saluer le travail de Gavin O'Connor qui a réussit avec un sujet improbable à réaliser un petit bijou qui deviendra un classique.
8,5/10 Un excellent mélo, vraiment poignant. Vous ne pourrez pas rester insensible.

La transformation physique de Tom Hardy est hallucinante
A Dangerous Method

Un film américain de David Cronenberg avec Michael Fassbender, Viggo Mortensen, Keira Knightley et Vincent Cassel
Genre : Drame - Durée :1H39 mn
Après quelques semaines de repos bien méritées, c'est le retour de la critique sur Le Cinéblog. Quatre ans depuis l'excellent Les Promesses De L'Ombre, et Monsieur Cronenberg revient avec un biopic consacré aux deux pères de la psychanalyse, Sigmund Freud et Carl Jung. La tâche n'est pas aisée, la faute de goût est facile et pourtant ce bon David s'en sort avec les honneurs, sans prendre de risques certes mais il réussit à captiver son spectateur avec un sujet passionnant.
L'histoire se déroule au début du XXème siècle en Suisse, le docteur Carl Jung accueille dans son institut une jeune femme souffrant d'hystérie, cette rencontre va bouleverser sa vision de la psychanalyse et ses rapports avec son mentor autrichien Sigmund Freud...
Alors soyons clairs, Cronenberg n'a pas dû beaucoup mouiller le maillot pour réaliser ce Biopic, en effet l'ensemble est d'un classicisme hallucinant, aucun risque n'a été pris, tout est sobre, épuré à l'extrême. Cette rigueur presque clinique, volontaire ou non m'a tout de même un peu déçu. L'intérêt du film en est-il pour autant diminué? La réponse est non. En effet Cronenberg compense son manque d'inspiration "technique" par une histoire passionnante sur les débuts de la psychanalyse et les premiers pas vers la connaissance de l'inconscient humain. Au casting on retrouve une véritable "dream team" dont le leader est incontestablement Keira Knightley qui nous met une claque monumentale. En tout cas la scène où elle prend une fessée vaut le détour... hum... mais je m'égare un peu...
A Dangerous Method est un film austère, peu engageant sur la forme, et pourtant passionnant. En effet Cronenberg nous propose un bond de plus de cent ans en arrière, on découvre les deux premiers explorateurs de l'esprit humain, leurs doutes, leurs expériences. Bien plus forts qu'Armstrong et son premier pas sur la Lune, ces deux psychanalystes ont été les premiers à explorer et à comprendre les mécanisme les plus complexes de notre esprit. Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités (j'ai un peu honte de cette référence), le film insiste lourdement sur ce point en plaçant au premier plan le cas de conscience de Jung concernant ses rapports avec Sabina. A Dangerous Method permet de mettre en perspective toute la psychanalyse moderne et de réaliser l'apport de Freud et Jung à la médecine. La trame narrative, parsemée d'éllipses laisse place à l'imagination du spectateur, le résultat est très efficace. En résumé pour les "djeunz", "Pas hypra fun mais trop intéressant !".
8/10 Un film passionnant proposant un scénario impeccable, dommage que la réalisation soit si terne...

J'en connais une qui a été une méchante fille...
Sorties DVD et Blu Ray Janvier 2012
1. The Murderer 2. Copland 3. Présumé Coupable 4. Trainspotting
Sortie le 01/01/2012 Sortie le 10/01/2012 Sortie le 18/01/2012 Sortie le 10/01/2012
5. Warrior 6. La Guerre est Déclarée 7. Spy Game 8. Domino
Sortie le 17/01/2012 Sortie le 25/01/2012 Sortie le 17/01/2012 Sortie le 17/01/2012
Un mois de Janvier putôt riche en bonnes sorties avec un top 5 de très haut vol. En effet on retrouve en première place l'excellent The Murderer, l'une des grosses claques coréenne de l'année avec J'ai Rencontré Le Diable, à voir absolument. En deuxième position je place le sous estimé Cop Land de James Mangold, de loin le meilleur film de Sylvester Stallone. En trois on retouve le choc, Présumé coupable avec un Philippe Torreton au top. Pour la quatrième place un grand classique, sombre et nauséabond qui a marqué toute une génération et consacré Danny Boyle comme un grand réalisateur. Enfin j'aimerais m'attarder sur l'excellent Warrior, un film qui est passé inaperçu mais qui est particulièrement intéressant pour son approche du Free Fight, à noter l'énorme performance de Tom Hardy que j'ai hâte de retrouver dans le rôle de Bane.
Les meilleurs films de 2011
En cette fin d'année, je vous propose un point sur les films qui ont marqué 2011. Une année très riche puisque le top 10 est particulièrement bon. Un classement dominé par les films américains, je le déplore mais objectivement les 5 premiers sont largement au dessus du lot. J'ai dû faire des choix difficiles et d'autres bons films en ont malheureusement fait les frais, je pense notamment à Polisse, Melancholia, Carnage, Une Séparation et Another Earth qui auraient mérité leur place dans le classement. J'en profite pour présenter mes meilleurs voeux à tous les lecteurs du Cinéblog.
2. Black Swan
3. Shame
4. Drive
5. Somewhere

6. Incendies

9. Hara-Kiri: Mort d'un Samouraï

10. Fighter
Prometheus

Une longue attente, un mystère bien gardé et de multiples effets d'annonce auront permis à Prometheus de devenir en six mois le film le plus attendu de l'année 2012. Avec un Ridley Scott de retour à la science fiction, un casting trois étoiles et un synopsis aussi mystérieux qu'excitant, cette bande annonce était attendue par des millions de personnes. Les mini-teasers d'Itunes ont bien contribué à faire monter la pression jusqu'à la découverte du trailer, et je peux vous dire que ça sent la grosse claque. Une ambiance angoissante, des comédiens torturés, une musique dantesque pour ce voyage extraordinaire au fin fond de l'univers. Pour ceux qui auraient des doutes, ce film est clairement en rapport avec l'univers d'Alien, en effet les visuels du "space jockey", et les brulures à l'acide ne laissent plus aucun doute à ce sujet. De plus, comme pour Alien, Ridely Scott s'est inspiré des oeuvres du génial designer H.R Giger. Je me repasse cette bande annonce en boucle depuis hier, je n'en peux déjà plus d'attendre. Je ne veux pas trop m'avancer mais je sens que l'on va prendre une énorme claque cet été.
Prometheus: Sortie le 30 mai 2012
The Dark Knight Rises

La voici enfin, la bande annonce du deuxième film le plus attendu de 2012 (derrière Prometheus bien sûr). Après un teaser énigmatique on découvre un peu plus d'éléments de ce nouvel opus, toujours réalisé par l'excellent Christopher Nolan. On retrouve ce bon vieux Batman aux prises avec un mystérieux ennemi du nom de Bane joué par Tom Hardy. Nolan fera-t-il mieux que l'excellent "The Dark Knight"? Bane sera-t-il à la hauteur de l'incroyable Joker? Allez, plus que huit mois avant de découvrir la conclusion de cette saga passionnante.

The Dark Knight Rises: Sortie le 25 juillet 2012
Tribute to Drive

Cette semaine je suis tombé sur cet hommage au chef d'oeuvre de NWR. Une petite vidéo virale bien sympathique qui reprend avec talent les temps forts de Drive, l'un des meilleurs films de cette année. On y retouve un Ersatz de Ryan Gosling plus vrai que nature, principalement au volant de sa voiture.Quel intérêt me direz-vous? Et bien j'ai envie de dire très peu, cette vidéo permet simplement de replonger pour un instant dans l'univers envoutant de ce thriller motorisé, et c'est déjà pas mal. Enjoy !
Shame

Un film britannique de Steve McQueen avec Michael Fassbender, Carey Mulligan, James Badge Dale et Nicole Beharie
Genre : Drame - Durée :1H41 mn
Les films traitant du phénomène de l'addiction se comptent par dizaines. Si certains tirent leur épingle du jeu, ils ont souvent tendance à insister lourdement sur le thème de la rédemption avec un ton bien moralisateur et une grosse dose de bons sentiments. C'est donc avec un intérêt particulier que j'ai suivi le parcours de Shame. En effet si l'on considère Hunger, il est impossible d'imaginer Steve McQueen tomber dans un piège aussi évident. Plébiscité à la dernière Mostra de Venise et bien accueilli par la critique en général, c'est le coeur gonflé d'espoir que je me suis rué dans mon UGC de quartier.
Le film raconte l'histoire de Brandon, un trentenaire new-yorkais sujet à l'addiction sexuelle. Sa vie bien réglée va être bouleversée avec la visite de sa soeur Sissy...
Steve McQueen frappe un grand coup, dès les premières minutes on prend un grosse claque à base plans fixes suivant les allers et venues de Brandon. Nudité frontale, scènes crues, malsaines, parfois à la limite du supportable, le réalisateur ne recul devant rien et ne sombre jamais dans le voyeurisme. Le film est construit comme les tristes rapports sexuels de Brandon, et rythmé par une bande originale vraiment très puissante que je vous conseille vivement. Michael Fassbender nous livre l'interprétation de l'année, écrasant la concurrence de son incroyable talent. Carey Mulligan n'est pas en reste avec une interprétation très juste de Sissy, une artiste écorchée vive.
Shame est un grand film, pourtant il ne dénonce rien, ne porte aucun jugement. Il est le témoin d'un mode de vie destructeur encouragé par la société de consommation et qui est devenu un standard pour beaucoup d'hommes. Certaines scènes resteront au panthéon du cinéma, je pense notamment à la tentative de Brandon de construire une relation avec une femme. Et puis il y a cette descente aux enfers qui suivra, accompagnée par la magnifique partition de Harry Escott. On voit Brandon sombrer petit à petit dans la dépression, avec une souffrance qui trouve son point d'orgue dans un "plan à trois" incroyablement mis en scène et cet orgasme de Brandon, tellement douloureux... Un frisson me parcours l'échine, il ne me quittera plus jusqu'à la fin du film. Shame est une grande réussite, un film sombre, pessimiste et très puissant. A voir absolument.
9.5/10 Un film dur et éprouvant. On prend une grosse claque et on reste chaos plusieurs heures après être sorti de la salle. Du grand art.

la scène charnière du film, une véritable performance
Time Out

Un film américain de Andrew Niccol avec Justin Timberlake, Amanda Seyfried, Cilian Murphy et Olivia Wilde
Genre : Science Fiction - Durée :1H49 mn
Cette semaine je vous propose de nous pencher sur le nouveau film d'Andrew Niccol. Faisant fi des critiques assassines de mes chers confrères, j'ai décidé d'accorder deux heures de mon "précieux" temps à Time Out. Quelle cruelle ironie... Lorsque l'on connaît la filmographie de Monsieur Niccol et que l'on considère Bienvenue à Gattaca, Lord Of War ou The Truman Show on se dit que Time Out ne peux pas être si mauvais... Ça m'apprendra à être têtu. L'histoire se déroule dans le futur, les humains arrêtent de vieillir à partir de 25 ans et l'espérance de vie est devenue une valeur marchande. Ainsi les pauvres vivent sous la menace constante de la mort et les riches profitent d'une jeunesse éternelle...
Pas la peine de tourner autour du pot, le film est techniquement raté, je me suis même demandé si c'était bien Niccol qui l'avait réalisé. Envolé le bon goût, envolée la sobriété, on est en face d'un bon gros blockbuster hollywoodien avec tout ce que cela implique: humour à deux balles, surenchère permanente, dialogues abrutissants et dix fautes de goût à la minute. J'ai commencé à être sceptique dès le début, au moment où l'on découvre le personnage de Will travaillant dans une usine digne des fleurons de la vallée du décolletage. Si l'on est dans le futur pourquoi la machinerie date des années 60? Le scénario est un modèle de médiocrité et accumule tous les écueils possibles et imaginables. Côté casting, rien de bien "folichon" avec un Justin Timberlake qui n'est que l'ombre de lui-même et une Amanda Seyfried "mono-expression" qui m'a profondément ennuyé.
Time Out est un mauvais film. Pourtant l'idée de départ est assez intéressante, utiliser le temps comme valeur marchande est une image plutôt originale lorsque l'on sait qu'il constitue déjà un bien précieux dans notre société actuelle. Le problème c'est que Andrew Niccol se saborde en nous livrant un film manichéen à souhait, sans aucune originalité et bourré d'une morale aussi agaçante qu'irréaliste. Les "méchants" ont autant de charisme qu'un chroniqueur de chez Laurent Ruquier et on ne comprend jamais vraiment leur rôle dans la société ni les enjeux géopolitiques de ce nouveau monde divisé en "Time Zones". Un peu plus de contexte aurait été appréciable. Le personnage de Will n'a pas beaucoup plus de consistance et son altruisme surjoué fait sombrer le film dans la mièvrerie. Au final Andrew Niccol nous propose un robin des bois du futur sans saveur, le collant vert en moins mais la maman top model de 25 ans en plus.
2/10 Comme "deux" heures de ma vie que je ne reverrai jamais... Sale boulot Andrew...

Oh regardez !!! Un veau avec une perruque !!!




















